4. Le sanctuaire de l’acropole

La présence d’un grand vase en pierre presque intact (au Louvre depuis 1866) avait depuis longtemps attiré l’attention des érudits sur la partie supérieure de l’acropole d’Amathonte, mais c’est seulement en 1976 que cette zone de la ville antique a commencé à être explorée scientifiquement. La découverte en 1979 de deux dédicaces d’Androklès, le dernier roi local, à « la Chypriote » (Kypria) et à l’« Aphrodite Chypriote » permit d’établir avec certitude que cet emplacement était celui du sanctuaire de la grande déesse locale et, comme l’indique son nom, de Chypre en général.

Vue aérienne des vestiges, 1991 (P. Aupert / Archives EFA, Y.1522)
Vue aérienne des vestiges, 1991 (P. Aupert / Archives EFA, Y.1522)

La même année, la mise au jour d’un important dépôt de céramique témoignait que ce culte remontait au moins au VIIIe s. av. J.-C. Toutefois, une occupation plus ancienne d’environ deux siècles, mais très limitée, est attestée par une tombe située au point le plus élevé de la colline. Par la suite, les fouilles ont permis de comprendre l’évolution du sanctuaire et de mieux cerner la personnalité de la déesse, assimilée à l’Égyptienne Hathor au VIe s. av. J.-C., puis associée à l’époque de la domination ptolémaïque à Sarapis et à Isis, les grandes divinités de la dynastique lagide.

Stèle hathorique en remploi dans un mur paléochrétien, 1987 (A. Hermary / Archives EFA, Y.1042)
Stèle hathorique en remploi dans un mur paléochrétien, 1987 (A. Hermary / Archives EFA, Y.1042)

Les structures architecturales sont restées modestes jusqu’à la fin de l’époque hellénistique, mais on sait par un texte de l’historien latin Tacite que le sanctuaire était considéré, au début de l’époque impériale, comme un des trois plus importants de Chypre, avec ceux de Palaepaphos et de Salamine. Le temple monumental édifié à la fin du Ier s. apr. J.-C. a été transformé en église après la disparition des cultes païens, puis il a été démonté vers la fin du VIe s. apr. J.-C. et une grande partie de ses pierres ont servi à construire une petite basilique chrétienne. Le grand vase en pierre du Louvre et celui qui, en mauvais état de conservation, est resté en place étaient alors les seuls vestiges visibles du sanctuaire de l’Aphrodite de Chypre. Le site a été définitivement abandonné peu après les invasions arabes du milieu du VIIe s. apr. J.-C.

A. Hermary
 

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Thasos - TERRAIN APOSTOLIDIS - L1280-039

sondage C, niveau 5, mur, fosse au Nord, dalle du puits scellé au premier plan,
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LA CHRONIQUE DES FOUILLES

THESSALONIQUE. - Vassileos Irakleiou 45-5761
Au centre de la ville de Thessalonique, S. Akrivopoulou (9e éphorie des antiquités byzantines) a mené en 2009 et 2010 une fouille de sauvetage sur le terrain situé au numéro 45 de la rue Vassileos Irakleiou et a mis au jour un quartier d’habitation dont l’occupation s’échelonne entre l’époque romaine et aujourd’hui (fig. 1-2). On a notamment mis au jour un segment de rue qui traverse tout le terrain, orientée Nord-Est/Sud-Ouest ; y est associé un égout taillé et à couverture voûtée dans lequel se déversent les égouts mineurs des maisons adjacentes. De part et d’autre de la rue, on a dégagé deux îlots d’habitation, l’îlot Est et l’îlot Ouest. Des maisons privées sont construites dans une première phase : elles datent de l’Antiquité tardive, mais elles reposent sur des fondations de maisons
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