5. Le temple d’Aphrodite

Les temples de type grec sont extrêmement rares à Chypre : on ne connaît actuellement, en dehors de celui d’Amathonte, que le temple de Zeus à Salamine et celui d’Apollon Hylatès à Kourion. Grâce à la découverte, sous le mur qui sépare le pronaos de la cella, d’un petit trésor monétaire, on sait que la construction de l’édifice consacré à l’« Aphrodite de Chypre » a commencé dans le dernier quart du Ier s. apr. J.-C. Construit dans le calcaire local, il mesure 31,87 x 15,12 m au niveau de la première assise de son soubassement (krépis), qui comportait trois degrés : il ne s’agit donc pas d’un temple sur podium, le type le plus répandu à l’époque impériale en Méditerranée orientale. Quatre colonnes étaient détachées en façade, des pilastres faisaient saillie aux angles extérieurs des murs et vers l’arrière des longs côtés ; les frontons ne portaient pas de décor. Il ne reste rien de l’aménagement intérieur et l’on ignore quel pouvait être l’emplacement et l’apparence de la statue de culte de la déesse : elle était peut-être évoquée, comme à Palaepaphos, par une pierre conique, un « bétyle ».

Reconstitution du temple, aquarelle (Fl. Babled, M. Schmid / Archives EFA, 23521)
Reconstitution du temple, aquarelle (Fl. Babled, M. Schmid / Archives EFA, 23521)

La particularité la plus notable de cette architecture assez austère – aucune trace d’enduit peint n’a été relevée sur les colonnes ou les éléments de l’entablement – est le choix, pour les chapiteaux des colonnes de façade et ceux des pilastres, du type dit nabatéen (par référence à certains chapiteaux du site de Pétra), directement dérivé du corinthien dont il n’est cependant pas une version inachevée. Malgré les dégradations qu’ils ont subies, les chapiteaux d’Amathonte peuvent être classés parmi les plus beaux exemplaires de cette série, dont l’origine se situe très probablement dans l’Égypte de la fin de l’époque hellénistique ou du début de l’époque impériale.

Remontage de la crépis du temple, 1987 (A. Hermary / Archives EFA, Y.1069)
Remontage de la crépis du temple, 1987 (A. Hermary / Archives EFA, Y.1069)

Le temple a été presque entièrement démonté vers la fin du VIe s. apr. J.-C. : seule restait en place, au moment de la fouille, une partie du soubassement du côté Nord, qui servait d’appui aux murs de la basilique chrétienne ; le reste de la krépis a été reconstruit à la fin des années 1980.

A. Hermary
 

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Thasos - N628-039

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LA CHRONIQUE DES FOUILLES

MIKROKAMBOS-5799
À l’Ouest de la commune de Mikrokampos, A. Tokmakidou et D. Délidimitriou (9e éphorie des antiquités byzantines) ont mené, en 2009, une fouille de sauvetage et ont mis au jour un complexe architectural d’époque protobyzantine, ainsi qu’une tombe maçonnée (fig. 1). On a dégagé, sur 20,70 m, le côté Ouest de l’édifice, sur lequel on a repéré deux entrées. Dans sa partie Sud on a identifié une structure rectangulaire, à laquelle on restitue une couverture voûtée de briques, vraisemblablement une tombe : construite en moellons bruts et mortier à la chaux et revêtue à l’intérieur d’enduit à la chaux, elle conservait partiellement un sol en briques (dont certaines étaient estampillées d’un chrisme et de la lettre Δ). On y a recueilli des os humains, de la céramique commune, des monnaies datées
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