10. Historique des fouilles

Historique des recherches : les voyageurs et les fouilles

Les premières explorations de Délos

Avant de susciter la curiosité de voyageurs, Délos intéressa les navigateurs. Elle apparaît ainsi dans les nombreux Insulaires (Isolarii) des XVe et XVIe s. qui furent consacrés aux îles de la Méditerranée orientale. Le plus ancien, le Liber insularum Archipelagi dû au chanoine florentin Christoforo Buondelmonti (1420), est aussi le premier de ces ouvrages à représenter Délos et Rhénée sur une carte particulière.

Ces recueils de cartes accompagnées d'un texte descriptif furent relayés par la longue série de récits (on en dénombre une centaine entre le XVe et le XIXe s.) qui relatent une visite dans l'île, effective ou inspirée par des récits antérieurs. Cyriaque d'Ancône, venu à Délos en 1445, fut le premier de ces voyageurs, érudits, naturalistes, diplomates, architectes ou peintres, qui décrivirent des vestiges et relevèrent des inscriptions, tout en manifestant souvent un intérêt conjoint pour les antiquités et pour les « merveilles de la nature ».

Presque tous ces voyageurs ont insisté sur l'hostilité naturelle de l'île et leur visite se révéla souvent décevante car, dans l'immense chaos de blocs imbriqués émergeant d'une végétation touffue, peu de monuments se laissaient identifier hormis le Colosse des Naxiens (9), le Portique de Philippe (3) ou le Théâtre (114).

Les travaux de l'EFA

À la suite de la création de l'École française d'Athènes en 1846, l'institution chargea plusieurs de ses membres de missions dans l'île. En 1864, L. Terrier rédigea après un séjour d'un mois à Délos un remarquable mémoire, qui consigne des observations rigoureuses accompagnées de propositions d'identification des vestiges souvent clairvoyantes. Neuf ans plus tard en 1873, l'École française chargea A. Lebègue d'entreprendre des fouilles. En dépit d'interruptions plus ou moins longues provoquées par la nécessité de travailler en d'autres sites, l'École française n'a jamais cessé de poursuivre l'exploration d'un site dont la richesse suscite ou accompagne l'évolution de l'intérêt des archéologues et des historiens pour tel ou tel aspect de la civilisation grecque antique.
 

Cour de la Maison du Diadumène (61) [1894]

Jusqu'à la Première Guerre mondiale, sous l'impulsion de Th. Homolle, puis de M. Holleaux, on privilégia les grands dégagements dans la zone du Sanctuaire et sur les pentes septentrionales du Cynthe, sans pour autant que le reste de l'île fût négligé. A quelques années d'intervalle (1894 et 1907), deux cartes archéologiques de l'île furent dressées, tandis qu'une étude de géographie physique était menée à bien par le géologue L. Cayeux (EAD IV).

À partir de 1903, les fouilles bénéficièrent d'une dotation financière annuelle de la part de Joseph Florimont, duc de Loubat (1831-1927), un riche mécène américain, correspondant étranger de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Cette importante contribution aux travaux de terrain fut complétée en 1920 par la création au bénéfice de l'Institut d'un fonds d'épigraphie grecque, dont le revenu fut employé à la publication du Choix d'inscriptions de Délos de F. Durrbach (1921) et du Corpus des inscriptions de Délos.
 

Panorama du champ de fouilles [1907]
La Terrasse des Lions (55) pendant la fouille [1906]
La Terrasse des Lions (55), l'Agora des Italiens (52), et le mont Cynthe [1910]


À partir des années 20, les efforts des membres de l'École portèrent sur l'étude de monuments, de lots de matériels ou d'inscriptions mis au jour durant les décennies précédentes et les recherches exploratoires se concentrèrent sur des édifices plus que sur des ensembles.
Entre la fin des années 50 et la fin des années 70, on fouilla quelques grandes demeures (Maison de l'Hermès, 89 ; Maison de Fourni, 124), les îlots d'habitations formant le "Quartier Nord" au Sud de la baie de Skardhana, et l'on s'intéressa également à Rhénée, notamment à la nécropole.
Depuis le début des années 80, les fouilles ponctuelles se multiplient dans des monuments anciennement mis au jour, afin de mener à bien leur publication, tandis que le territoire rural, à Délos comme à Rhénée, a fait l'objet de prospections et de fouilles.

Conclusion

Dès leurs débuts, les recherches menées à Délos par les archéologues français furent complétées et enrichies par les travaux des membres du Service archéologique grec et de chercheurs étrangers, qui furent toujours associés à l'exploration dust.C penDa`t srgng>l'internationalisation des études déliennes s'est affirmée depuis une décennie, avec la publication de plusieurs monographies ou ouvrages de synthèse en grec, allemand ou anglais.

Bien qu'une grande partie des vestiges de la ville délienne soit encore sous la terre, le bilan des recherches accomplies est donc considérable. Mais aujourd'hui la conservation et la restauration des vestiges sont passées au premier plan des préoccupations, ainsi que leur aménagement pour un public de touristes toujours plus nombreux : ces dernières années, plusieurs salles du Musée ont fait l'objet d'une nouvelle présentation et, sur le site, des moulages prennent la place des originaux. Toutefois, en dépit de l'inscription du site en 1990 au patrimoine mondial de l'UNESCO, les moyens dont disposent les restaurateurs sont très insuffisants face à la lente, mais inexorable dégradation des ruines.

© Efa / Guide de Délos 4e éd.

ARCHIMAGE : les dernières images

IMAGE
Délos - Maison du Lac, GD 64 - 885A

Angle nord-est, phallus sur le mur extérieur.
Archimage est destiné à la mise en ligne progressive des documents graphiques et photographiques, conservés au service des Archives de l'EfA.

LA CHRONIQUE DES FOUILLES

KARLA. - Collecteur 6, Stani-Thermokipia-5956
Dans la région du Lac de Karla, V. Adrymi-Sismani (Institut archéologique d’études thessaliennes) a poursuivi les travaux au lieu-dit Stani-Thermokipia, en vue de l’aménagement du collecteur 6. La fouille de la maison A s’est poursuivie (fig. 1) et l’étude du mobilier qui en provenait a permis de proposer une datation probable pour l’occupation de la maison du Néolithique Moyen (5800-5300 av. J.-C.). La fouille de 2005 avait identifié la présence d’un péribole à l’Est et à l’Ouest de la maison. En 2006, la fouille de cette structure s’est poursuivie et on a pu déterminer qu’il s’agissait effectivement d’un péribole qui présentait une entrée d’une largeur de 1 m et qui encerclait une surface de 11 x 15 m environ au Sud de la maison. Le péribole n’est pas fait d’un seul mur, mais constitué
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