
Murs et frontières
Atelier doctoral EHESS-UMIFRE-EFA
Dates: 29-30 avril 2026
Lieu: University of Cyprus, Library, Avenue Panepistimiou 1, Aglantzia 2109, Chypre
Date limite de candidature: 01 mars 2026
Contact : Falk Bretschneider, Mateusz Chmurski & Xenia von Tippelskirch
Organisateurs:
- EURETES « Faire société » (EHESS et Université Goethe Francfort/Main)
- CEFRES (Prague)
- CRFJ (Jérusalem)
- IFRA-SHS (Francfort/Main)
- EFA (Athènes)
- University of Cyprus/ Department of History and Archaeology
Argumentaire (FR)
Les frontières sont toutes ces choses à la fois : couture reliant deux souverainetés mitoyennes ; ligne de démarcation que ponctuent des points de passage, postes par excellence de la vérification de l’identité, à moins qu’on joue de ses rigidités pour la faire charnière, lieu de rencontre ; horizon où se projette l’animosité de l’autre et la bordure de soi ; espace liminal et qui donc, ou peut-être, tient quelque chose du sacré. On sait comment délimiter, tracer, rectifier, contrôler, renforcer des frontières. Sait-on les abolir, ou bien une trace indurée résiste-t-elle toujours ? On sait aussi, comme en Europe, les neutraliser, les dématérialiser, les euphémiser. Mais que fait à la frontière le mur qu’on y érige ? Qu’il n’en soit qu’une variété ou son essence même, que dit-il d’elle ?
Depuis la Muraille de Chine, cas d’espèce du rempart qui définit les barbares davantage qu’il n’en protège, jamais le monde n’a compté autant de frontières murées que dans l’après-Seconde Guerre mondiale : mur de Berlin ou « rideau de fer » qui sépare l’Europe en deux, mur chypriote, mur de séparation entre les deux Corée. Aujourd’hui mur que l’administration américaine construit le long de la frontière avec le Mexique, mur que le gouvernement d’Israël construit à la frontière de la Cisjordanie. Ou plutôt sur une frontière inexistante et unilatérale qui se joue de l’existence de la Palestine. Que font ces murs aux sociétés et comment, quels dispositifs sont-ils ? Qu’apprend-on de leur franchissement légal ou interlope, que révèlent d’eux la réalité vécue et le fantasme romanesque du check point ? Que cherchent-ils à rendre difficile, risqué, impossible ? De quel genre de frontière rêve un mur quand il ferme l’accueil de l’autre autant qu’il nous enferme ? Et de quel monde est-il la fondation ? Quelles narrations (littéraires ou autres) racontent les murs, et d’autre part comment survivent-ils dans la mémoire collective, les identités, les comportements ou structures spatiales des sociétés ?
Abstract (EN)
Borders are all these things at once: a seam stitching together two neighboring sovereignties; a line of demarcation punctuated by crossing points—par excellence, sites of identity verification—unless one plays with their rigidity to turn them into hinges, places of encounter; a horizon onto which hostility toward the other is projected, and the very edge of the self; a liminal space which therefore, or perhaps, partakes of something sacred. We know how to delimit, trace, adjust, control, and reinforce borders. But do we know how to abolish them, or does a hardened trace always remain? We also know, as in Europe, how to neutralize them, dematerialize them, euphemize them. But what does the wall erected at the border do to it? Whether it is merely one of its varieties or its very essence, what does it say about the border itself?
From the Great Wall of China—an emblematic case of a rampart that defines barbarians more than it protects against them—the world has never known as many walled borders as in the period following the Second World War: The Berlin Wall or the “Iron Curtain” dividing Europe in two; the Cypriot wall; the separation wall between the two Koreas. Today, there is the wall built by the American administration along the border with Mexico, and the wall constructed by the Israeli government along the border with the West Bank—or rather, along a nonexistent and unilateral border that plays upon the very denial of Palestine’s existence. What do these walls do to societies, and how—what diapositives do they constitute? What do we learn from their legal or illicit crossings, and what do the lived reality and the novelistic fantasy of the checkpoint reveal about them? What do walls seek to make difficult, risky, impossible? What kind of border does a wall dream of when it bars the welcome of the other as much as it confines us within? And of what kind of world is it the foundation? What narratives—literary or otherwise—tell the story of walls, and, conversely, how do walls survive in the collective memory, in identities, in behaviors, or in the spatial structures of societies?
Déroulement
La manifestation se composera de trois ateliers d’une demi-journée, chacun consacré à la discussion collective sur la base d’une présentation ou d’une lecture. En outre, une visite commentée de la frontière chypriote sera organisée. Aucune présentation individuelle ne sera demandée aux participant(e)s ; en revanche, ceux-ci sont invités à lire un ou plusieurs textes en préparation de chaque atelier.
Les frais de voyage et d’hébergement des participant(e)s seront pris en charge sur la base d’un forfait censé couvrir l’ensemble des dépenses.
Langue de travail : anglais
Coordination
- Falk Bretschneider (EHESS / IFRA-SHS)
- Mateusz Chmurski (Sorbonne Université / CEFRES)
- Gilles de Rapper (EFA)
Candidature
Les dossiers de candidature contenant une lettre de motivation (1 p. maximum) & un CV (2 p. maximum) sont à transmettre à Falk Bretschneider, Mateusz Chmurski & Xenia von Tippelskirch jusqu’au 1er mars 2026.

