La mission franco-hellénique de Dikili Tash lauréate du Grand Prix d’archéologie 2020 de la Fondation Simone et Cino Del Duca - Institut de France. Cette récompense intervient l’année du centenaire des fouilles à Dikili Tash, puisque c’est en 1920 que Louis Renaudin, au nom de l’EFA, y effectua les premiers sondages exploratoires.

 

La Fondation Simone et Cino Del Duca-Institut de France œuvre dans le domaine des arts, des lettres et des sciences, par le moyen de prix et de subventions attribués chaque année sur proposition des cinq Académies. Sur proposition de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, le Grand Prix 2020 d’archéologie, destiné à aider au rayonnement de l’archéologie française en France et à l’étranger, vient d’être attribué à la mission franco-hellénique de Dikili Tash.
 

H. Koukouli-Chryssanthaki, P. Darcque, Z. Tsirtsoni et D. Malamidou

 


La mission de Dikili Tash est placée sous l’égide de la Société archéologique d’Athènes et de l’École française d’Athènes. Les deux institutions sont respectivement représentées par Haïdo Koukouli-Chryssanthaki, directrice émérite d’éphorie, et Dimitra Malamidou, directrice de l’éphorie de Serrès, d’une part, Pascal Darcque, directeur de recherche au CNRS, et Zoï Tsirtsoni, chargée de recherche au CNRS, d’autre part. La mission est également soutenue depuis 2008 par la commission des fouilles du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et par une fondation privée américaine, l’Institute for Aegean Prehistory. Le programme actuel fait suite à deux programmes de recherche menés précédemment en partenariat entre la Société Archéologique et l’EFA, le premier dirigé par Dimitrios Théocharis et Jean Deshayes, le suivant par Haïdo Koukouli-Chryssanthaki et René Treuil. La persistance des activités archéologiques témoigne du grand potentiel du site.
 


L’intérieur reconstitué d’une maison néolithique, vers 4300 av. J.-C. (R. Douaud)

 
En effet, Dikili Tash, au Nord-Est de la Grèce, non loin de la ville antique de Philippes, se présente comme un tell formé par l’accumulation de niveaux d’occupation datant principalement du Néolithique et de l’âge du Bronze, c’est-à-dire du 7e au 2e millénaire av. J.-C. Les deux premiers programmes avaient déjà révélé une grande partie de la séquence d’occupation et accompli des travaux importants en matière de datation et de paléo-environnement. Les recherches sur le terrain et les études récentes ont complété et renouvelé les connaissances sur le site et la région. Les premières installations, sans doute liées au mouvement de néolithisation de l’Europe orientale, remontent aux années 6400-6300 av. J.-C. La séquence néolithique est probablement continue depuis cette date jusqu’à la fin du 5e millénaire av. J.-C. La transformation du jus de raisin en vin est pratiquée dès 4300 av. J.-C., ce qui en fait la plus ancienne attestation en Europe. On a reconnu, pour la première fois sur un tell de la région, une phase du Néolithique Final, datant des environs de 4000 av. J.-C., ce qui réduit le hiatus entre l’époque néolithique et l’âge du Bronze. Au sommet du tell subsiste une séquence de niveaux du Bronze Récent (1500-1100 av. J.-C.), très perturbés par des installations de l’époque byzantine et ottomane. Au total, Dikili Tash apparaît aujourd’hui comme le site le plus anciennement et le plus durablement occupé de la région.
 
Le grand prix d’archéologie de la Fondation Simone et Cino Del Duca-Institut de France sera consacré à améliorer la valorisation du site, sur place comme par des outils informatiques, et à intensifier les recherches sur le terrain. L’enjeu majeur des fouilles, dans les prochaines années, est d’établir avec quel « bagage », dans le domaine de l’agriculture, de l’élevage et des techniques artisanales, les premiers paysans se sont installés en Europe à partir de 6400 av. J.-C.

Pour en savoir plus : www.dikili-tash.fr





 
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