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  • À l’occasion des 70 ans de l’armistice du 8 mai 1945, le service des archives revient sur le fonctionnement de l’École française d’Athènes au début de la Seconde guerre mondiale, de septembre 1939 jusqu’à la fin de l’année 1940, marquée par l’entrée de la Grèce dans le conflit mondial.
    À l’occasion du 70e anniversaire du 8 mai 1945, le service des archives revient sur le fonctionnement de l’École française d’Athènes au début de la Seconde guerre mondiale, de septembre 1939 jusqu’à la fin de l’année 1940, marquée par l’entrée de la Grèce dans le conflit mondial.

    L’éclatement de la guerre met entre parenthèses une partie des travaux de l’École, notamment à Delphes, où Pierre Amandry avait fait en mai 1939 les belles découvertes que l’on connaît. Installée dans un pays officiellement neutre jusqu’en octobre 1940, l’EFA reste cependant ouverte. Robert Demangel, alors directeur (1936-1950), demeure sur place avec les personnels de service grecs ; il est le seul à pouvoir « maintenir à l’École française […] une activité conforme à ses traditions ». Dès les premiers jours de septembre 1939, les membres de première et de deuxième années, Roland Martin, Henri Metzger (promo. 1938), Ernest Will et P. Amandry [fig. 1 EFA cliché n° N512-010 : Départ des membres mobilisés pour Istanbul, puis la Syrie : P. Amandry, J. Roger, R. Martin, E. Will, J. Bousquet et H. Metzger, [septembre] 1939.-2 EFA cliché n° N512-011 : P. Amandry en uniforme militaire, 1939.] (promo. 1937) gagnent en effet la Syrie par Constantinople (Armée du Levant). Jean Bousquet (promo. 1936) et Jacques Roger (promo. 1935) sont quant à eux détachés comme lieutenants auprès de l’attaché naval à Athènes, mais leur service les tient éloignés des affaires de l’EFA. R. Demangel, Henri Ducoux, architecte de l’École, et Marcel Jacquemin, nouvel agent comptable nommé au 1er octobre 1939, sont également mobilisés à Athènes, auprès de l’attaché militaire près la Légation de France, comme officier de réserve, caporal de réserve et sous-officier comptable. Enfin, Paul Lemerle, secrétaire général (1931-1942), est affecté spécial au service civil « chiffre et presse » de la Légation. Les deux membres belges, William Lameere (promo. 1938-1940) et Léon Lacroix (promo. 1938-1939 et 1946-1948), les boursiers et les « missionnaires » rentrent quant à eux dans leurs pays respectifs.

    Comme en témoignent sa riche correspondance administrative et les rapports qu’il adresse au ministère de l’Éducation nationale, R. Demangel continue à recevoir quand il n’est pas appelé par son service auprès de l’attaché militaire. Il se préoccupe constamment du budget de l’EFA et des indemnités des personnels mobilisés, transmet encore sans retard au ministère et à l’Académie des inscriptions et belles-lettres les mémoires de membres et son rapport annuel (octobre 1939), s’inquiète de l’envoi, depuis la France, de tapisseries d’Aubusson (février-avril 1940). Il s’efforce également d’assurer son rôle de représentation lors des diverses manifestations organisées dans la capitale grecque dans les domaines qui intéressent l’EFA (conférences, cours inauguraux, expositions, etc.). La bibliothèque accueille toujours des chercheurs deux matinées par semaine, ses collections sont encore récolées en décembre 1939 et les échanges d’ouvrages sont maintenus tant bien que mal [fig. 3 EFA 1 ADM n. c. : Lettre d’Alfred Westholm, conservateur des collections chypriotes auprès de la mission suédoise à Chypre, à R. Demangel, 13 février 1940.]. Le 22 avril 1940, en présence du Roi de Grèce, le directeur tient la conférence annuelle sur les travaux de l’École, pour laquelle il demande le matin même l’autorisation au directeur de la police d’Athènes [fig. 4 EFA 7 ADM n. c. : Carton d’invitation à la conférence donnée par R. Demangel sur les travaux de l’EFA en 1939, 22 avril 1940.]. À plusieurs reprises dans ses lettres à son ministère de tutelle, il manifeste par ailleurs son souhait de reprendre les activités sur les chantiers archéologiques, « la plus utile propagande que la France puisse maintenir en Grèce » selon lui. Non sans difficultés, les épreuves du brevet et du baccalauréat sont organisées à Athènes et à Salonique en septembre 1939, juin et septembre 1940 [fig. 5 EFA 1 ACE 5, carton 4 : Sujets de composition française donnés au baccalauréat, session de juin 1940.] , et R. Demangel continue à participer, en tant que directeur de l’Alliance française en Grèce, à la remise de prix. Comme il le rappelle en janvier 1940, « le maintien de cette activité pacifique est particulièrement nécessaire si l’on veut éviter que l’on prenne ici ombrage de l’autre activité que les évènements ont imposée à l’École ».

    En effet, dès le début de la guerre, les services de l’attaché naval et de l’attaché militaire près la Légation de France en Grèce réquisitionnent, comme pendant la Première guerre mondiale, le bâtiment de la section étrangère (actuelle maison des hôtes), puis, progressivement, d’autres bâtiments de l’École (pavillon des membres français, direction, garage) ; le premier rapport de R. Demangel sur ce qu’il considère comme une « occupation militaire » date du 16 septembre 1939. Les modalités de la présence militaire rue Didotou ne sont pas consignées par écrit et R. Demangel, mobilisé comme capitaine, doit exécuter les ordres de l’attaché naval chef de poste, malgré le maintien de sa charge de directeur de l’EFA. La cohabitation avec les militaires (deux sous-officiers, quatre officiers, plantons) est difficile, les tensions se cristallisant dans un premier temps autour du partage des dépenses de consommation courante et d’entretien des bâtiments. En octobre 1939, dans une note interne, R. Demangel menace ainsi de retirer les ampoules, si les lampes électriques, « assurant à tout le quartier une illumination préjudiciable à la fois aux finances de l’École et à la discrétion particulièrement requise par ses nouvelles attributions », ne sont pas éteintes la nuit.

    Après la bataille de France en mai-juin 1940, le retour progressif à Athènes des personnels démobilisés pose la question de l’occupation des locaux par les militaires. Déjà en mars 1940, le membre belge W. Lameere doit être logé dans le pavillon des membres français, avec l’agent comptable, l’architecte, le personnel de service, J. Roger et J. Bousquet, les deux membres affectés à Athènes qui ont conservé leurs appartements. R. Demangel, dégagé en mai 1940 de toute obligation militaire, réclame, dans plusieurs lettres pressantes, la libération des locaux et leur remise en état [fig. 6EFA 1 ADM n. c. : Lettre de R. Demangel à Gaston Maugras, ministre de France à Athènes, 23 août 1940.-7EFA 1 ADM n. c. : Lettre de R. Demangel à l’attaché chef du poste naval et militaire près la Légation de France à Athènes, 23 août 1940.]. Le 26 août, les pièces occupées dans le pavillon des membres français sont enfin évacuées ; le bâtiment de la section étrangère, alors qu’il est déjà en partie inoccupé, reste cependant entre les mains des militaires. Fin septembre 1940, le directeur refait part de son souhait d’y réaménager deux bureaux au rez-de-chaussée et un logement au 1er étage. Pour éviter tout contact entre les différents occupants, il propose également de séparer le rez-de-chaussée du bâtiment et de réserver l’entrée Nord pour les militaires logés au 2e étage.

    Après un court répit, pendant lequel quelques travaux sont engagés à Delphes, le début de la guerre italo-grecque, le 28 octobre 1940, provoque une série de changements dans le fonctionnement de l’EFA, encore en pleine activité malgré la situation délicate de la métropole. Le franc français n’est déjà plus reconnu en Grèce et la menace imminente de bombardements oblige les autorités françaises à construire, à partir du 4 novembre 1940, un abri de défense passive pour l’EFA et l’Institut français d’Athènes. L’architecte de l’École, H. Ducoux, en dessine les plans [fig. 8 EFA 2 ADM 3 : Plan sur calque de l’abri de défense passive de l’EFA et de l’IFA, par H. Ducoux, nov. 1940.] et en suit l’exécution. Doté de cinq entrées donnant sur les deux établissements – les deux de l’EFA se font par le terrain de tennis [fig. 9EFA cliché n° N641-001 : Entrée de l’abri de défense passive, [1940].] –, l’abri est constitué de galeries souterraines taillées dans la roche formant le sous-sol de la cour de l’IFA. Il contient une petite infirmerie et deux toilettes dont les canalisations aboutissent, au centre de l’abri, à un ancien puisard. Cet abri peut accueillir un tiers des élèves de l’IFA et l’ensemble des personnels de l’EFA (environ 320 personnes).

    Le 22 novembre, entre 18h15 et 20h15, la sûreté de l’État hellénique fait une perquisition à l’EFA. R. Demangel réitère une nouvelle fois sa demande de voir partir les services secrets militaires français. Il craint que leur présence ne fasse « dangereusement suspecter, dans un pays actuellement en guerre, le travail uniquement scientifique de l’École ». Ses demandes de remise à disposition intégrale du bâtiment resteront lettre morte jusqu’à la prise d’Athènes par la Wehrmacht (avril 1941).  
    DOCUMENTS D’ARCHIVES CONSERVÉS À l’EFA :
    Correspondance des directeurs de l’EFA :
    1 ADM : Correspondance de R. Demangel, 1936-1950 [en cours de classement].

    Rapports annuels du directeur de l’EFA sur les travaux et les fouilles :
    2 ADM 19 : Rapports pour les années 1939-1940 et 1945-1950.

    Fonctionnement de l’EFA pendant la Seconde guerre mondiale :
    2ADM3 : Organisation de la mobilisation, de la solde et des congés des personnels de l’État et organisation des travaux dans les établissements publics : correspondance, journaux officiels, décrets et texte d’application, circulaire, instruction, coupure de presse (1938-1940). Relations avec les autorités françaises, instructions, informations : textes de prières pour la France et les soldats tombés au champ d’honneur, correspondance, note, avis et note du Consulat de France (1940, s. d.). Bâtiments et sécurité, occupation des bâtiments de l’EFA : lettre de [R. Demangel, directeur] (1940) ; construction d’un abri de défense passive à l’EFA et à l’Institut français d’Athènes (IFA) : correspondance, arrêtés, mémoires des travaux, notes, comptes, note d’honoraires, rapports sur l’exécution des travaux, plans (1940-1941). Texte de P. Amandry sur R. Demangel, directeur (1936-1950), et sur l’EFA pendant la guerre (s. d.).

    SOURCES COMPLÉMENTAIRES :
    France : Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine : F17 14585 : Fonctionnement de l’EFA et de l’IFA, 1917-1948. Centre des archives diplomatiques, La Courneuve : collection Documents diplomatiques français – 1939-1944, sous la direction d’André Kaspi. Service historique de la Défense, Vincennes : séries N et P des archives du ministère de la Guerre et de l’Armée de terre ; série TT des archives de la Marine.

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    LA CHRONIQUE DES FOUILLES

    Megara. Intersection of Thebes Street and an unnamed road, O.T. 623
    Megara. Intersection of Thebes Street and an unnamed road, O.T. 623. Panagiota Avgerinou (Γ’ ΕΠΚΑ) reports on the discovery of fourteen graves, many of which date to the Roman period.
    Area 1 was defined by a walls to the W and S, the space inside which was 2.80 x 3.10 m
    Grave 1: child burial in a cist grave,...
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