Archives des manifestations de l'EFA
  • MÉCÉNAT
  • Candidatures

  • Ce séminaire fermé offre aux chercheur(e)s terminant/ayant juste terminé leur HDR ou dirigeant un programme financé (ANR, ERC…), l’occasion de venir présenter un problème méthodologique ou théorique avec lequel ils ont eu prise dans ce cadre. Ils soumettent à la réflexion préalable des participant(e)s certains textes qui permettent de discuter d’un concept théorique, d’une controverse historiographique, d’une rupture épistémologique ou d’une innovation méthodologique. Ainsi, après une courte présentation de l’intervenant, la discussion s’engage à partir des textes envoyés au préalable.



    Séances 2021

    Séance 3 – Jeudi 11 mars 2021
    Marie-Hélène Blanchet (UMR Orient et Méditerranée) La réception de Thomas d’Aquin à Byzance : une approche philologique

    Mon habilitation a porté sur les traductions en grec d’un traité du théologien occidental du XIIIe siècle, Thomas d’Aquin : j’ai réalisé l’édition critique des deux traductions grecques du De rationibus fidei dans le cadre d’un projet beaucoup plus vaste, le projet international Thomas de Aquino Byzantinus. À lui seul, le corpus complet des traductions de Thomas d’Aquin à Byzance concerne plus d’une cinquantaine de manuscrits grecs des XIVe et XVe siècles. C’est tout un pan de la production théologique byzantine tardive qui reste encore très mal connu, en l’absence d’édition de la plupart des textes. On pourrait objecter, comme on l’a longtemps fait, qu’il ne s’agit là que de traductions, et donc pas de création byzantine originale. Dans tous les domaines de l’histoire intellectuelle cependant, le statut des traductions a été reconsidéré ces dernières années, et leur importance n’est plus à démontrer dans les processus de translatio studiorum, c’est-à-dire dans les mécanismes de transmission culturelle entre des espaces qui ne partagent pas les mêmes traditions de pensée. Or c’est bien d’un tel processus qu’il s’agit ici entre l’Occident latin et l’Orient byzantin, et, qui plus est, dans un domaine très conflictuel : la théologie. J’expliquerai comment j’ai appréhendé mon travail sur ces textes que je considère comme importants pour l’histoire de l’orthodoxie byzantine.
     

    Séance 2 – Jeudi 18 février 2021
    Marinos Sariyannis (directeur de recherche à l’Institut d’études méditerranéennes de Rethymno) Pour une étude du surnaturel chez les Ottomans
     
    Cette séance est consacrée au projet ERC « GHOST - Geographies and Histories of the Ottoman Supernatural Tradition Exploring Magic, the Marvelous, and the Strange in Ottoman Mentalities », que je dirige à l’Institut d’études  méditerranéennes (Rethymno). L’objectif du projet est d’examiner comment explorer le développement des perceptions qu’avaient les différents groupes d’Ottomans du « surnaturel », c’est-à-dire des phénomènes qu’une culture donnée regarde comme échappant aux lois naturelles et comme étant difficiles ou même impossibles à expliquer par la pensée humaine. Il faut y ajouter le préternaturel, notion développée par les théologiens médiévaux, qui désigne des phénomènes exceptionnels et étranges qui ne sont pas des miracles directs de Dieu, mais le produit de procédures et de causes naturelles inconnues ou cachées. Cette notion recouvre l’ésotérisme, l’occultisme : l’idée qu’il y a des phénomènes et procédures secrets, qui peuvent être compris par l’intellect humain, mais seulement par des initiés choisis.
    Il s’agit d’un sujet amplement étudié en ce qui concerne la culture européenne, ainsi que les cultures islamiques médiévales, mais qui reste jusqu’à ce moment presque inconnu concernant le monde islamique post-médiéval et surtout ottoman. Un programme de recherche devrait alors analyser les différents types d’écrits ottomans propres à apporter un témoignage de première main sur diverses facettes de cette large question, de la géographie plus ou moins imaginaire aux miracles soufis, pour déboucher sur les possibles évolutions liées au développement d’une nouvelle pensée scientifique au milieu du XVIIe siècle.
     


    Séance 1 – Jeudi 28 janvier 2021
    Dimitris Parsanoglou (Université Panteion) Au-delà de la « crise des réfugiés » : modes d’intégration des réfugiés et des demandeurs d’asile en Grèce
     
    Après mars 2016 et les développements liés à la fermeture de la route des Balkans et à la déclaration commune UE-Turquie du 18 mars, une nouvelle réalité s’est établie des deux côtés de la frontière extérieure de l'UE. Les arrivées par la mer Égée se sont stabilisées, malgré certaines fluctuations dans le temps en fonction des conjonctures politiques qui façonnent les relations Grèce/UE-Turquie. De plus, la Grèce qui était considérée et fonctionnait jusqu’en mars 2016 comme un simple espace de transit sur l’itinéraire des réfugiés du Moyen-Orient vers l’Europe centrale et occidentale, est confrontée à la réalité irrévocable qu’un certain nombre de personnes resteront sur son territoire.
    L’objectif principal du projet Beyond the Refugee Crisis (soutenu par Elidek) est de s’interroger de manière systématique sur la « gestion » des récents flux de réfugiés dans un pays considéré comme un pays de « transit ». Les résultats du projet devraient améliorer les connaissances sur la gestion des mouvements migratoires. En outre, le projet vise à problématiser la notion de « transit » et à examiner les temporalités et spatialités spécifiques produites pour et par les réfugiés et les demandeurs d’asile. En ce sens, il retrace les schémas d’intégration sociale des réfugiés et des demandeurs d’asile en Grèce, en particulier de ceux qui ont été « confinés » dans le pays, en raison de développements spécifiques concernant le régime frontalier de l’UE.
    La recherche est menée dans trois domaines thématiques : a) logement; b) éducation et formation; et c) emploi et marché du travail. Notre démarche méthodologique est double en mêlant recherche quantitative ainsi que qualitative : pour chaque domaine de recherche on recueille et analyse des données disponibles, tandis que la recherche de terrain consiste en entretiens semi-structurés avec des réfugiés et des demandeurs d’asile provenant de Syrie et d’Afghanistan.
    Les résultats de la recherche, les recommandations politiques, ainsi que des outils de diffusion innovants, tels que le développement d'une application pour smartphone, contribuent au renforcement des capacités d’intégration concernant les deux extrêmes du continuum, à savoir les réfugiés/demandeurs d’asile et la société « d’accueil ».
     


     

    Séances 2020

     
    Séance 2- Jeudi 13 février 2020
    Manuela Martini (Professeure, Université Lumière Lyon 2-LARHRA) Étudier la division du travail et les formes de rémunérations des femmes et de hommes pendant la première industrialisation
     
    Le rôle crucial des femmes dans le développement industriel est désormais largement reconnu aussi bien par les études sociologiques et économiques sur les pays en voie de développement que par l’historiographie sur la première industrialisation européenne. Pourtant les données sur leurs rémunérations, leur emploi du temps, leur travail domestique et celui des hommes travaillant dans les mêmes secteurs sont toujours lacunaires pour beaucoup de régions, et tout particulièrement pour la France. Afin de parvenir à une pleine compréhension du développement économique il est indispensable de réexaminer à nouveaux frais les questions classiques de la division travail, des formes de sa rémunération et de la répartition du temps du travail dans les tâches domestiques entre hommes et femmes. Le projet ANR Time-Us (Appel à projets générique 2016-2020) part de ces interrogations pour observer de manière rapprochée les enjeux liés à d’abord à la définition et ensuite à la rémunération du travail effectué dans un secteur clé de la première industrialisation : le textile. Il vise à recueillir à l’échelle régionale des séries comparables sur la rémunération, les temps de travail et des salaires des hommes et des femmes à travers, d’une part, des sources classiques (archives d’entreprise et des corps de métier) et, d’autre part, des sources qualitatives permettant d’appréhender des mots et des actions de travail aussi bien dans les activités extra-domestiques que dans les activités domestiques. 
     


    Séance 1- Jeudi 09 janvier 2020
    Vincent Lemire (MCF HDR, Université Paris-Est Marne-la-Vallée, directeur du CRFJ), Au pied du Mur : vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem (1187-1967)

    L’histoire du quartier maghrébin de Jérusalem contient une multitude d’histoires. Parce qu’elle se déroule en plein cœur de la ville sainte, au pied du Mur occidental, à l’intersection de plusieurs temporalités et de plusieurs territoires, parce qu’elle croise différentes échelles de temps et différentes échelles d’espace, elle offre un point de vue irremplaçable sur l’histoire de Jérusalem, « ville-monde » ouverte à tous les vents, si délicate à saisir dans sa globalité et dans la longue durée. Une histoire pleinement méditerranéenne, d’abord, une histoire de migrations, de pèlerinages et d’expatriations, une histoire de pèlerins pauvres et de réfugiés sédentarisés, une histoire de mécènes et de bienfaiteurs, aussi, soucieux de laisser une trace de leur passage dans la ville des prophètes et du Jugement dernier. Une histoire coloniale et post-coloniale, ensuite, puisque le quartier maghrébin est tour à tour réanimé puis maintenu en vie par les agents de la puissance coloniale française, avant d’être détruit et rayé de la carte par les conquérants israéliens. Une histoire du conflit israélo-arabe, enfin, depuis les premières tentatives d’achat du quartier par les responsables du mouvement sioniste jusqu’à la guerre des Six jours. Toutes ces trajectoires dessinent-elles une histoire ? Sous prétexte qu’elles se croisent en un même lieu, en un même périmètre et sur un même espace, peuvent-elles finir par former une agglomération de significations cohérentes ?


     


    Séances 2019

    Séance 3- Jeudi 16 mai 2019
    Emmanuelle Cronier (Université de Picardie), Consommer de la viande pendant la Grande Guerre, un progrès ?
     
    Au tournant du XXème siècle, l’augmentation de la consommation de viande en Occident témoigne de l’amélioration du pouvoir d’achat des milieux populaires. Pendant la Grande Guerre, dans un contexte de pénurie, la part importante de viande dans la ration du soldat (500 g par jour en moyenne) semble représenter un progrès par rapport à une consommation civile de l’ordre de 150 g par jour avant 1914. Mais l’évolution des formes sous lesquelles elle est consommée pendant la guerre, comme le régime spécial des hindous ou des musulmans des forces coloniales permettent de questionner la qualité des produits servis, marqués par la transformation industrielle. On peut donc s’interroger sur la transformation des ressorts anthropologiques qui sous-tendent la consommation de la viande et par ce biais la relation entre humain et animal au sein des sociétés qui se veulent modernes.
     
     
    Séance 2- Jeudi 18 avril 2019
    Marc Aymes (CR-CNRS), La domestication du faux
     
    Le faux donne forme à des actes autorisés, qu’il s’agisse de théorèmes ou de droits de douane, de menus verdicts ou de grands traités. L’étude des modalités de sa « domestication » doit servir à le rappeler avec acuité : les faussaires sont toujours a priori pour quelque chose dans l’établissement des arts et sciences du vrai, du droit, du politique. Nous avons donc à étudier ce qui fait le faux : l’appréhension d’une autorité. Mais il y a aussi ce que le faux fait : l’ambivalence d’une qualification. Cette précarité de la domestication signale le perpétuel rapport de forces dont est traversé le travail philologique, liant et déliant jugements et perceptions, mettant à l’épreuve les dispositifs de véridiction en vigueur. Elle est ce qui permet d’analyser au plus près comment gouvernants et gouvernés participent à la confection des normes, par quels mécanismes concrets d’appropriation ils s’équipent de modèles, les requalifient en fonction de traditions, de contraintes ou de dysfonctionnements structurels. Si rudimentaire qu’il puisse être, le métier de faussaire est un art politique, qui impose d’en permanence rendre discutables les méthodes par lesquelles sont produits des énoncés, élaborés des savoirs, forgés des consensus.


    Séance 1- Jeudi 14 mars 2019
    Fabrice Boudjaaba (CR –CNRS),   La vertu de l’enracinement : systèmes familiaux et reproduction sociale
     
    Les historiens, en lien étroit avec les ethnologues, ont longtemps pensé les processus de reproduction sociale et familiale au prisme des systèmes familiaux. Dans le cadre notamment des sociétés de types préindustriel, les modes de dévolution des biens (égalitaire/inégalitaire et leurs infinies variations) et les formes de co-résidence (nucléaire, élargie, famille-souche etc.) ont en effet souvent été interprétés comme autant de voies menant au même but : la reproduction à l’identique de la cellule familiale et de l’exploitation paysanne d’une génération à l’autre. Les processus d’urbanisation et d’industrialisation de l’Europe depuis le 19e siècle d’une part et l’élévation de la mobilité des individus et des sociétés au rang de paradigme dans les travaux historiques depuis une trentaine d’années ont mis à mal la relation traditionnellement établie entre systèmes familiaux et reproduction sociale, au profit notamment d’une approche plus individuelle des destins sociaux. Pour autant, peut-on vraiment considérer cette relation entre systèmes familiaux et reproduction sociale comme inopérante, y compris dans des sociétés - marquées par une mobilité plus forte et une transformation profonde de ses cadres économiques - pour lesquelles cette relation n’a pas été initialement pensée ?









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    Ioannina
    Ioannina. Paraskevi Yiouni and Angeliki Panatsi (Ephorate of Antiquities of Ioannina) report on the discovery of a Bronze Age building, dating 2000-1100 BC and found with stone tools, and unpainted thin-walled pottery. The discovery was made as part of the ‘Stavros Niarchos Road’...
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