Archives des manifestations de l'EFA
  • MÉCÉNAT


  • Colloque / Συνέδριο
     
    Mercredi 19 - Vendredi 21 octobre
    Τετάρτη 19 - Παρασκευή 21 Οκτωβρίου


    Salle des conférences de l’EFA / Αίθουσα διαλέξεων της EFA


    Côtoyer les dieux : l’organisation des espaces dans les sanctuaires grecs et romains


    Colloque organisé par l’École française d’Athènes et l’École française de Rome
    dans le cadre du programme
    Des espaces et des rites.Pour une archéologie du culte dans les sanctuaires du monde méditerranéen.
    Réseau de savoir-faire et de compétences dans l’archéologie des cultes antiques



    Programme

    Résumés


    Événement Facebook - Facebook event









    Argumentaire:
    (sous format pdf ici)
     
    Après avoir examiné la question de la fondation d’un lieu de culte lors du colloque « Quand naissent les dieux : fondation des sanctuaires antiques. Motivations, agents, lieux » qui s’est tenu à l’École française de Rome du 18 au 20 juin 2015, l’objectif de la rencontre d’Athènes, qui clora le programme mutualisé entre les deux Écoles françaises d’Athènes et de Rome « Des espaces et des rites. Pour une archéologie du culte dans les sanctuaires du monde méditerranéen », est de réunir un groupe de travail constitué de spécialistes de l’archéologie et des systèmes religieux grec et romain autour des questionnements suscités par le côtoiement des dieux et l’organisation des espaces dans les sanctuaires grecs et romains, depuis leur fondation jusqu’à la fin de leur fréquentation.
    Le sanctuaire est un espace entre lieu public et lieu privé dont le dieu est propriétaire, où hommes et dieux se côtoient, ont commerce. Le côtoiement des dieux est multiple dans un sanctuaire antique et transparaît dans plusieurs actions : côtoyer ses dieux / côtoyer les autres dieux et les dieux des autres ; sacrifier aux dieux ; boire et manger avec les dieux ; dormir avec les dieux (les portiques d’incubation dans les cultes de dieux ou héros guérisseurs) ; habiter avec les dieux (espaces de logement dans les sanctuaires – hospitalia / les dieux dans la maison) ; consacrer aux dieux une statue ou une offrande monumentale.
    Quelles sont les motivations de l’organisation d’un sanctuaire et leurs évolutions au cours du temps ? Le sanctuaire est un tout, qui ne cesse de se démultiplier au gré de ses fréquentations, au gré de l’histoire des communautés qui le régissent et de ses utilisateurs. L’espace est donc pluriel : il s’agit de caractériser les espaces du sanctuaire en discutant des modalités de côtoiement des dieux et de structuration des espaces religieux. Les espaces, construits ou vides, sont multiples, qui se distinguent fonctionnellement et/ou topographiquement ; tantôt les fonctions se mêlent, rendant une lecture spatiale et fonctionnelle difficile, voire non justifiée. Dans quelle(s) mesure(s) peut-on parler d’espaces distincts, dotés ou non de limites fonctionnelles et physiques perceptibles ? L’archéologie constitue la source essentielle dans ce discours, qu’il s’agit d’articuler au discours historique afin de déterminer les motivations à l’origine des constructions et aménagements dans les sanctuaires et afin d’en appréhender le sens religieux.
    Les questionnements se bousculent : la ou les fonction(s) des structures constitutives du sanctuaire (autel, temples, trésors, portiques, hestiatoria et autres), leur emplacement et leurs dimensions (autels fonctionnels versus autels de dimensions démesurées), la distinction entre espaces et équipements spécifiques et polyvalents, l’usage d’infrastructures hors du sanctuaire (Pompeion, macellum, salles de banquets et autres) ou de potentiels aménagements annexes d’un grand sanctuaire, la présence d’aménagements civiques à l’intérieur de sanctuaires (agorai, prytanées, bouleuteria et autres) ?
    L’organisation des espaces est en continuelle mouvance dans un lieu de culte, quelles que soient sa surface et son importance. On répare, on restaure, on rénove, on construit de nouvelles structures, on déplace, on change le nom de certains édifices en leur attribuant parfois une nouvelle fonction. Quels sont les impacts de ces chantiers, dont certains durent des décennies, sur la vie du sanctuaire, sur l’organisation de ses espaces et, de fait, sur son paysage religieux, mais surtout sur son sens religieux ?
    Qu’en est-il sur le terrain ? Qu’apportent les données archéologiques à ce flot de questionnements sur la vie des lieux de culte, qui ne sont pas des amoncellements de monuments figés dans l’espace et dans le temps ? Le colloque d’Athènes accueille différents dossiers traitant des modalités de côtoiement des dieux dans les lieux de culte gréco-romains (sacrifices, célébrations, prières, fréquentation) et du rapport entre les espaces et le sens religieux (construction, structuration hiérarchisée des espaces religieux, inscription dans l’espace communautaire), avec pour objectif final la publication d’un ouvrage de synthèse qui servira de référence pour l’archéologie du culte dans les sanctuaires antiques grecs et romains. Les lieux de culte fouillés et étudiés sous l’égide des deux Écoles françaises à Athènes et à Rome, assortis d’autres lieux de culte rattachés à leurs programmes ou relevant de questionnements en adéquation, servent de base à la réflexion. En ressortira un vrai travail en commun des deux Établissements, qui révèlera les apports des travaux conduits dans les sites et corpus concernés, ainsi que leur rayonnement dans ce domaine de l’actualité de la recherche.
     
    Deux thématiques ont été dégagées et soumises à la réflexion des intervenants :

    A. Façons de côtoyer les dieux dans les lieux de culte :
    sacrifices, célébrations, prières, fréquentation
     
    1. Dans ce domaine, un apport essentiel est donné par l’ordonnancement architectural du lieu de culte (autel, temple, galerie, portique, chapelle annexe, mur d’enceinte et autres constructions ; éventuellement bains et édifice de spectacles) et les implications liturgiques de la représentation ou de la fréquentation de l’espace. Une fouille livre des vestiges d’édifices et d’équipements qui participent à l’organisation même des pratiques religieuses ainsi d’ailleurs qu’à la définition des représentations sociales des communautés antiques. En cela, l’agencement spatial d’un lieu de culte joue évidemment un rôle central dans l’organisation et le vécu des expériences religieuses. Il s’agit alors de localiser l’autel – la place de l’autel est le point focal des cérémonies sacrificielles célébrées dans le sanctuaire – et/ou le temple de la divinité tutélaire, et d’observer les modalités de l’aménagement intérieur de ce dernier. L’examen des portiques et des cours qui structurent les sanctuaires peut être crucial dans la restitution de l’activité religieuse des dévots qui visitent la divinité du lieu. Tout aussi essentielles sont la localisation et l’identification de l’équipement cultuel qui amènent à considérer les cheminements liturgiques à l’intérieur des sanctuaires (statue de culte et images de culte, autel, table à offrandes, vasque à eau, zones de dépôt, cuisine, banquettes, tronc monétaire, etc.).
    Parmi ces aménagements qui caractérisent la pratique religieuse, une enquête spécifique doit concerner les salles de banquet et les cuisines. Si la pratique sacrificielle impliquait le rite du partage des parts entre les dieux et les hommes de même que la consommation des chairs sacrifiées, l’archéologie des sanctuaires apporte parfois des compléments d’information déterminants, comme pour ce que l’on a appelé « les cuisines sacrificielles ». On remarque que de nombreux lieux de culte ne disposaient pas de cuisine, preuve en était-elle que l’essentiel des viandes sacrifiées étaient distribuées ou vendues hors du sanctuaire, dans une structure parfaitement adaptée, le macellum public en contexte romain ? Au final, les seuls sanctuaires qui reçurent des cuisines sont les lieux de culte qui accueillaient des appariteurs chargés de l’entretien du culte ou des groupes de dévots. Est-ce le cas partout ? La présence d’une cuisine indique-t-elle la présence d’un collège ? Cette question amène tout naturellement à évoquer un domaine de l’histoire des sanctuaires, généralement peu documenté par les textes et examiné depuis récemment par l’archéologie : celui du sacrifice et des rites qui lui sont associés.
     
    2. Vestiges sacrificiels et offrandes dans les sanctuaires. Jusqu’à récemment, les vestiges religieux étudiés se limitaient aux ex-voto (métal, terre cuite et autres) découverts dans les remblais et certains dépôts. Désormais, une multitude de témoignages, souvent discrets, s’ajoutent aux objets manufacturés de tout acabit qui encombraient les lieux de culte. Les dossiers sur les os animaux dans les sanctuaires enrichissent de manière exponentielle notre compréhension des stratégies rituelles mises en œuvre ; les méthodes d’enregistrement des données révèlent des assemblages extrêmement divers d’un contexte à l’autre, preuve que les cérémonies suivaient des rites dont le contenu était chaque fois distinct. N’a-t-on pas là une illustration matérielle des multiples constructions religieuses individuelles que permettait le polythéisme ? Les séquences rituelles les plus stables (bien que très variables dans le détail de leur contenu) étaient alors les sacrifices organisés dans les grands sanctuaires publics.
    La même diversité concerne les mille et un types d’offrandes, statuettes, effets personnels, attributs miniaturisés du dieu, etc., déposés dans les sanctuaires. Ces vestiges peuvent être décisifs dans la reconnaissance des dieux du sanctuaire ou de la nature du culte honoré. Notons en passant l’importance du contexte de découverte de ces offrandes, retrouvées dispersées dans les niveaux de remblai (et donc sacralisées une seconde fois ou désacralisées selon les contextes) ou laissées volontairement sur place, voire enterrées rituellement.
     
    B. Les espaces et le sens religieux :
    construction, structuration hiérarchisée des espaces religieux, inscription dans l’espace communautaire
     
    1. Le mobilier religieux dans la construction du caractère sacré des lieux de culte
    Selon Cicéron (In Verrem IV, 48-52), lorsque Verrès met la main sur les statues vénérables qui ornent le temple de Cérès à Enna, il provoque la colère des habitants du lieu qui l’accusent d’avoir attenté, en touchant les ornements du temple, au pouvoir d’action (numen) de la divinité, au caractère vénérable des rituels (sacra) ainsi qu’au caractère sacré (religio) du sanctuaire. Clairement, les ornements, statues, mobilier, laissés par les concepteurs et par les dévots s’entassaient dans les lieux de culte pour construire progressivement la religio du lieu. On pense alors à des objets aussi insolites que la tasse de Nestor et le crâne d’éléphant, vestige possible des guerres puniques, dans le célèbre temple de Diane Tifatina à Capoue, qui en viennent à définir le caractère sacré du lieu. Dans ce domaine, la grande variété des objets de toutes tailles, ex-voto et autres types d’offrandes, est sans doute une autre illustration de l’implication des ornements et des offrandes exposées dans la définition religieuse d’un lieu de culte.
     
    2. Proximité des dieux, combinaison des images et des équipements dans les sanctuaires : le sens religieux en question
    Longtemps domaine de l’histoire de l’art, l’étude des images et représentations considère désormais l’identité donnée au culte par la communauté gestionnaire. Quel était l’aspect de la statue de culte élevée comme représentation de la puissance d’action de la divinité ? La nature et l’emplacement des statues dans les lieux de culte sont un autre élément essentiel dans la compréhension du culte. En principe, la divinité titulaire du sanctuaire résidait dans le temple principal (naos ou cella). Dans les sanctuaires du polythéisme, le dieu tutélaire était souvent accompagné de dieux associés qui pouvaient partager l’autel principal ou disposer d’autels propres comme dans le temple d’Apollon à Pompéi où deux autels secondaires furent édifiés dans la cour. Toute étude de sanctuaire doit s’attacher à restituer ces associations de divinités qui donnaient sens au culte. On s’interrogera en particulier sur le caractère local ou non des associations de dieux observées dans les lieux de culte. Le statut des divinités présentées dans les sanctuaires doit être questionné : certaines images de dieux étaient des offrandes faites à la divinité patronne ; d’autres avaient une place officielle dans le culte. Les combinaisons présentes dans les sanctuaires participaient étroitement à la définition locale de chaque culte. Mille Apollon, mille Jupiter, mille Vénus, mais la variété des combinaisons exprimées dans les sanctuaires par les statues exposées montre que les dieux adoptaient une identité particulière d’un lieu à l’autre, d’un sanctuaire à l’autre. Dans le même ordre d’idée, l’introduction des cultes liés au pouvoir impérial est à l’origine d’une invasion des images impériales dans les sanctuaires traditionnels. La subtilité des combinaisons iconographiques mises en œuvre à l’époque impériale constitue en ce sens un sujet d’étude privilégié.
     
    Ces deux thématiques sont discutées à l’occasion de quatre sessions, autant de parties de l’ouvrage de synthèse annoncé :
    Espaces et agencements liturgiques
    D’autres formes d’organisation des espaces sacrés
    Construction du sacré
    Mutation des espaces
    En clôture du colloque sera présenté, en perspective, un film sur les Teyyam du kerala, une fête annuelle dans le village de Kaitheri en Inde.

    Le colloque est programmé sur deux journées à Athènes et, en collaboration avec l’Éphorie des antiquités de Phocide, une journée (réservée aux participants) de réflexions sur le terrain à Delphes.
     








    CONTACTS

    Sophia Zoumboulaki
    Assistante administrative pour la Direction des Études
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    + 30 210 36 79 904

    Nolwenn Grémillet
    Communication
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    + 30 210 36 79 943




     

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