L'EFA et le mécénat
  • MÉCÉNAT
  • Le siège de l'École française d'Athènes

     
     

    Buste du Duc de LoubatL’École française d’Athènes a été créée en 1846 par ordonnance du roi Louis-Philippe. Dès l’origine, elle a dépendu pour son financement du ministère de l’Instruction publique, devenu plus tard ministère de l’Éducation nationale, sans avoir à recourir à d’autres soutiens. Le premier mécène de l’histoire de l’École est le Duc de Loubat. Voici ce qu’écrit de son intervention l’historien des fouilles françaises de l’île de Délos, Jean-Charles Moretti, dans son volume de la collection Patrimoines photographiques : « 1903 fut la première année où, suivant une suggestion de Georges Perrot, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le riche Américain Joseph Florimond Loubat, auquel le pape Léon XIII avait accordé le titre de duc pontifical, fit une donation de 50 000 Fr. à l’EFA pour la poursuite de la fouille de Délos. Bien qu’il n’eût pas un intérêt particulier pour l’île, qu’il ne visita jamais, il renouvela annuellement sa donation jusqu’à la première Guerre mondiale, exigeant que lui soient rendus des comptes précis de toutes les dépenses et du cubage des déblais. Henri Convert compta ainsi en 1903 “ 60 990 wagonnets de déblais soit 31 000 mètres cubes de terre transportés à la mer ”. Quand, le 8 août 1910, le roi de Grèce Georges Ier visita Délos, sachant ce que l’exploration de l’île devait au duc de Loubat, il lui adressa ce télégramme : “ Après visite fouilles de Délos, vous adresse mes félicitations. ” La donation de Loubat ne modifia que peu le quotidien des fouilleurs. Mais cette manne permit de changer radicalement l’échelle de la fouille. Il fut dorénavant possible de fouiller de quatre à six mois par an, dans plusieurs secteurs à la fois, en engageant jusqu’à 200 ouvriers qui venaient presque tous de Mykonos. » Ajoutons qu’après la première guerre mondiale, le Duc de Loubat reprit le versement de dons pour les travaux de l’École à Délos jusqu’à sa mort en 1927.


    Les annales de l’École gardent le souvenir de la famille hollandaise Goekoop de Jong, qui soutint la fouille du Palais minoen de Malia, en Crète. Mais il faut attendre les années soixante pour voir une intervention privée d’importance : le groupe Péchiney, décidé à construire une usine d’extraction d’aluminium dans le site de Médéon, non loin de Delphes, en finança la fouille. À Delphes même, Électricité de France (EDF) apporta son concours à la numérisation des blocs de la Tholos, ce qui permit de réaliser une restitution numérique en 3D de l'édifice. De 1967 à 1970, l’hôtel Minos Beach à Aghios Nikolaos versa un subside pour l’étude et la présentation du grand temple de Latô. En 2014, un don important de la Fondation Stavros Niarchos permit la réalisation de l’exposition Philippes 1914-2014. 100 ans de recherches de l’École française d’Athènes et du catalogue qui lui est attaché, tandis que ces dernières années, la Fondation Kaplan rend possible la restauration de plusieurs constructions en bordure de mer à Délos.

     

    Vue aérienne de Délos

     
     

    Comme on le voit, les interventions de mécénat en faveur de l’École française d’Athènes sont restées jusqu’ici très rares et ne représentent qu’un pourcentage infime du financement global des travaux et des publications de ce centre de recherche de haut niveau. C’est pour tenter de remédier à cette faiblesse et pour faire face aux défis nouveaux de la recherche et de la conservation du patrimoine que l’École a pris à partir de 2014 deux initiatives. La première est l’ouverture d’un Fonds de dotation destiné à recueillir des dons, legs et donations, de firmes, fondations et particuliers en France. La seconde initiative est la création d’une association des Amis de l’École française d’Athènes (AEFA) dont le siège est à Athènes et qui doit permettre d’améliorer le rayonnement dont bénéficie l’École et mobiliser en sa faveur les énergies et la générosité.


     

    LA CHRONIQUE DES FOUILLES

    ONCHESTOS
    À Onchestos, en Béotie, au lieu-dit Steni Mavrommatiou, I. Mylonopoulos (Société archéologique et Éphorie des Antiquités de Thèbes) a poursuivi en 2017 ses recherches sur le site A, où il avait mis au jour un édifice qui avait été interprété comme un bouleuterion et une construction trapézoïdale. Dans la partie orientale de ce bâtiment, il a constaté la présence d’un foyer, tandis...
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