1. La naissance de la mission

L’histoire des rapports entre l’École française d’Athènes et Chypre fut rappelée maintes fois : négligés dans la seconde moitié du XIXe s., les contacts entre l’institution et l’île d’Aphrodite s’intensifièrent sous la direction de Théophile Homolle, qui confia à Paul Perdrizet le soin de mener un voyage d’étude à Larnaca, Lapéthos et Amathonte. La Grande Guerre mit fin à ce type de prospections, essentiellement épigraphiques, et il fallut attendre la fin des années 1960 pour que le Département des Antiquités proposât à l’École d’Athènes la concession du site d’Amathonte, convoité depuis des années par plusieurs institutions et universités étrangères.
 

Pierre Amandry et Vassos Karageorghis, 1979 (F. & A. Hermary / Archives EFA, Y.2556)
Pierre Amandry et Vassos Karageorghis, 1979 (F. & A. Hermary / Archives EFA, Y.2556)

Vassos Karageorghis, alors directeur du Département, écrivit en ce sens à Pierre Amandry dès 1969, soulignant l’intérêt exceptionnel que l’on pouvait espérer tirer de l’exploration et de la fouille d’Amathonte, « d’une importance égale à celle de Salamine, tant pour l’archéologie hellénique pour l’archéologie orientale ». Quatre années furent nécessaires avant que l’École d’Athènes n’accepte d’honorer cette proposition : les contraintes budgétaires et quelques inquiétudes à s’engager dans la voie de l’exploration systématique d’un site d’une telle ampleur entraînèrent de longues négociations au cours desquelles intervinrent d’éminents acteurs politiques. Monseigneur Makarios, les ambassadeurs successifs en poste à Nicosie ou à Paris, les ministres français des Affaires Étrangères et de l’Éducation Nationale soulignèrent à tour de rôle l’intérêt scientifique, et plus encore politique, du cas d’Amathonte.


Plan topographique de la région d’Amathonte (H. Michailidou, B. Mouannes / Archives EFA, 12984)
Plan topographique de la région d’Amathonte (H. Michailidou, B. Mouannes / Archives EFA, 12984)


Une première campagne de prospections et de relevés topographiques eut lieu en 1973 sous la responsabilité de Pierre Aupert. Selon les termes employés par le directeur de l’École d’Athènes, cette mission ne devait pas constituer un engagement définitif. Tout était affaire de crédits !
Les événements militaires survenus à l’été 1974 et l’occupation durable par les troupes turques de la partie Nord de l’île, où se trouvaient trois missions françaises (Salamine, Enkomi, Cap Saint- André) entraînèrent brutalement une recomposition des activités archéologiques à Chypre. La première fouille d’Amathonte eut lieu en 1975. Depuis lors, l’activité de l’École française d’Athènes se poursuit à Amathonte, sous les bons auspices du Département des Antiquités.

L. Thély

 

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Styllos - R931-017

FIGURE EN RONDE BOSSE FRAGMENT TETE PROFIL DROIT PIERRE HOMME,
Archimage est destiné à la mise en ligne progressive des documents graphiques et photographiques, conservés au service des Archives de l'EfA.

LA CHRONIQUE DES FOUILLES

VERRIA. - Rue Xenopoulou-6464
Près du rempart Sud de la ville de Verria, N. Poulakakis (XVIIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques) a mené en 2009 une fouille de sauvetage sur le terrain Pasidi, au 4, rue Xenopoulou, et a mis au jour les vestiges de constructions datant entre l’époque romaine tardive et le début du XXe s. (fig. 1). Les niveaux supérieurs ont livré les fondations de deux murs formant un angle, un dallage au Nord des murs, et deux canalisations maçonnées qui aboutissaient à une citerne orthogonale. Ces vestiges correspondent à un édifice du début du XXe s. qui a été démoli. Les niveaux inférieurs renfermaient une citerne orthogonale (puis carrée, après réparations) et deux murs dont l’un était en contact avec la citerne. Le mobilier et les monnaies provenant de la couche liée à ces cons
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