12. Productions d’Amathonte : la céramique

Un cosmopolitisme marqué caractérise la ville d’Amathonte dès l’époque géométrique : le long de la route qui relie le Levant à la Grèce, Amathonte se trouve exposée à une multiplicité d’influences qui contribuent, au fil des siècles, au développement de son identité culturelle et artistique.

Grotte, amphore archaïque à décor de taureaux et inscription syllabique (Ph. Collet / Archives EFA, Y.1503; J. Humbert / Archives EFA, 28999)
Grotte, amphore archaïque à décor de taureaux et inscription syllabique (Ph. Collet / Archives EFA, Y.1503; J. Humbert / Archives EFA, 28999)

La céramique, qui constitue la plus grande partie de la documentation de fouille, permet d’apprécier ce développement dans sa diachronie et d’en dégager les éléments clés. Au matériel funéraire, qui documente l’essentiel de la production géométrique, s’ajoutent à l’époque archaïque les grands ensembles du sanctuaire d’Aphrodite (la grotte et le bothros) et, au tournant de l’époque classique, les dépôts de la Terrasse Ouest et du rempart Nord, issus d’un contexte palatial. C’est le palais royal qui offre, pour l’époque classique, la plupart de la documentation, tant en termes de productions locales, que d’importations (de céramique fine aussi bien que de matériel amphorique). Les phases ultérieures (le début de la période hellénistique, dans le port externe ; les époques hellénistiques et romaines, dans le sanctuaire aussi bien que dans les zones de rempart) sont aussi bien documentées, quoi que jusqu’ici moins étudiées.
Bothros, cruche à oiseau Bichrome (Ph. Collet / Archives EFA, N032-067)
Bothros, cruche à oiseau Bichrome (Ph. Collet / Archives EFA, N032-067)

La mission a développé plusieurs programmes interdisciplinaires consacrés à la céramique d’Amathonte, qui vont de la publication (plusieurs ensembles déjà publiés, d’autres en cours d’étude) aux analyses pétrographiques et physico-chimiques. L’objectif était de remonter, à partir des produits (les vases), jusqu’à la production (l’artisanat céramique), à son organisation et à ses gestes. L’étude des pâtes a montré l’origine commune de la plupart des argiles utilisées par les potiers amathousiens, et a permis d’affiner les critères de distinction entre productions locales, céramique importée d’autres centres de l’île et produits d’origine égéenne ou levantine.

Rempart Nord, amphorisque du « style d’Amathonte » (J. Humbert / Archives EFA, 36017)
Rempart Nord, amphorisque du « style d’Amathonte » (J. Humbert / Archives EFA, 36017)

Les techniques de décor, dont certaines caractéristiques des ateliers amathousiens (le « Bichrome amathousien », le décor sur engobe rouge noirci), ainsi que quelques séries de productions stylistiquement très originales (les cruches à oiseaux, les vases du « style d’Amathonte »), témoignent de l’existence, dès l’époque géométrique, d’une identité stylistique et culturelle amathousienne forte qui marque de son influence l’ensemble du territoire du royaume.

A. Cannavò

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LA CHRONIQUE DES FOUILLES

DIPORO. - Panaghia-6472
Dans la région de Diporo, G. Karamitrou-Mentessidi (XXXe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques) a poursuivi en 2010 une fouille de sauvetage sur le bord de l’Haliakmon, sur le site de Panaghia, menacé d’inondation par la construction d’un barrage (cf. Chronique, notice 2162). On a mis au jour les vestiges d’une maison de l’époque hellénistique (bâtiment A) composée de quatre pièces séparées par un couloir central (fig. 1). Elle occupe une surface de 192,27 m2 (dim. 13,42 x 14,70 m). Deux autres pièces ont été ajoutées dans un état ultérieur, probablement à l’époque romaine. Sous la couche de destruction, on a dégagé dans une des pièces un sol dallé de pierres, dans une autre un ensemble de 5 pithoi, ainsi qu’un pithos dans l’espace du couloir et un autre dans une dernière pi
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