9. Les fortifications de la ville

On sait depuis toujours qu’Amathonte possédait un rempart, rendu bien visible par le pan de mur encore épais de quelque 6,20 m, haut de 9 m, érigé à l’Ouest de la ville, au bord de la mer, qui a résisté aux pillages, et par la muraille qui se trouve en travers de l’acropole.
Ces deux éléments étaient connus avant l’arrivée de la mission en 1975.

L. Mayer, 1780 : le rempart Sud-Ouest (P. Aupert / Archives EFA, AMATH 3-A [3])
L. Mayer, 1780 : le rempart Sud-Ouest (P. Aupert / Archives EFA, AMATH 3-A [3])

Elle y ajouta rapidement un mur archaïque sur le flanc Ouest de l’acropole (la « Terrasse Ouest »), puis l’angle d’un grand mur à l’extrémité Est de la ville basse (« porte Est »). Elle procéda par la suite à une série de fouilles localisées, réparties sur vingt-trois années (concentrées essentiellement sur les chantiers de la muraille médiane de l’acropole, de la porte Ouest et du rempart Nord), afin de répondre à différentes interrogations sur la chronologie et le rapport relatif des structures de fortifications repérées.

Plan des fortifications avec les secteurs étudiés (P. Aupert, T. Koželj, M. Wurch-Koželj, J. Durin)
Plan des fortifications avec les secteurs étudiés (P. Aupert, T. Koželj, M. Wurch-Koželj, J. Durin)

La muraille faisait le tour de la ville – acropole et ville basse – dès l’époque archaïque, et il a été possible d’en dater les différentes phases. Son évolution montre que l’histoire de la ville a été marquée par plusieurs événements :
 
  • l’établissement des fortifications se situe entre la seconde moitié du VIIIe et le VIIe s. av. J.-C., alors que la ville est dotée d’un palais royal dès la fin du IXe ou le début du VIIIe s. av. J.-C. ;
  • en 498 av. J.-C., dans le contexte de la révolte ionienne à Chypre, on constate la prise de la ville et la destruction du palais, que ne mentionne aucun historien ;
  • après 306 av. J.-C., le projet antigonide de construction d’un port et de remplacement des anciennes fortifications de la ville est abandonné sans doute dès la reprise en main ptolémaïque de l’île en 294 av. J.-C. ;
  • pendant la pax romana, malgré quelques réfections ou renforts, la muraille en tant qu’élément de défense est de facto abandonnée ;
  • dans la première moitié du VIIe s. apr. J.-C. une défense nouvelle, limitée à la partie supérieure de l’acropole, est érigée à la suite des troubles en Orient ; cette défense est légèrement renforcée au moment des incursions arabes, avant la destruction de la ville par ces derniers et son abandon.

P. Aupert
 

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Délos - Salle hypostyle, GD 50 - 3936

Chapiteau ionique à trois scellements latéraux.
Archimage est destiné à la mise en ligne progressive des documents graphiques et photographiques, conservés au service des Archives de l'EfA.

LA CHRONIQUE DES FOUILLES

KARLA. - Collecteur 6, Tsiggenina-5955
Dans la région du Lac de Karla, V. Adrymi-Sismani (Institut archéologique d’études thessaliennes) a poursuivi les travaux au lieu-dit Tsiggenina, en vue de la mise en place du Collecteur 6. La fouille s’est notamment poursuivie sur les bâtiments Γ et Θ. Le dégagement du bâtiment Γ a montré qu’il s’agissait d’un bâtiment allongé (dim. 10 x 3,50 m), orienté Est-Ouest. Ses murs sont renforcés à l’extérieur par des contreforts. Le mobilier qui a été trouvé à l’intérieur suggère qu’il ait été utilisé comme entrepôt. Le bâtiment Θ se trouve au Nord du bâtiment Z dont l’exploration s’est achevée (fig. 1). À l’intérieur du bâtiment Θ on a dégagé une structure en pierres définie par 4 murs parallèles qui forment trois couloirs étroits. Il s’agit d’un bâtiment allongé, orienté Est-Ouest, qui se t
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