Historique des recherches
 
De Malia à Itanos (fig. 1), la Crète orientale constitue un terrain de recherche important de l’EFA depuis le début du XXe s. Les fouilles françaises se sont en particulier concentrées dans la région du Mirambello, sur les sites de Lato, Sta Lénika, Olonte, Dréros et sur l’Anavlochos, qui reçut quant à lui l’attention des premiers explorateurs de la Crète dès la fin du XIXe s. Lors de sa visite, en 1893, Luigi Mariani nota ainsi le caractère cyclopéen des murs de terrasses qui couvrent en un arc de cercle tourné vers le Nord-Est les pentes du vallon central (fig. 3). Il y reconnut les vestiges d’une « cité préhellénique » comparables à ceux de Lato.



 
Fig. 3 : L’habitat antique du vallon central (© F. Gaignerot-Driessen)
 


Les fouilles entreprises par Pierre Demargne du 19 au 23 août 1929 pour l’EFA réfutèrent cette première impression : outre un dépôt d’objets votifs et de tessons datés entre le Minoen Récent IIIC et l’époque classique (Tableau 1) mis au jour sur la pente abrupte de « Kako Plaï » (fig. 4.C) et une série de tombes Minoen Récent IIIC à Géométrique Récent établies en contrebas dans la nécropole de « Lami » (fig. 4.B), il signale six terrasses géométriques dans l’habitat qui occupe le vallon central (figs 3-4.A). Mais pour Demargne, les résultats sont décevants : aucun vase entier n’a en particulier été mis au jour dans l’habitat, « le manque presque complet de terre » limite considérablement les possibilités de fouille et à l’exception d’un mur de partition sur l’une des terrasses, l’architecture intérieure ne semble pas préservée. Ses « Recherches sur le site de l’Anavlochos » n’iront donc pas plus loin.

 


Fig. 4 : Plan topographique de l’Anavlochos en 1929 (d’après Demargne 1931 : 369 fig. 4).
 


En février 1990, Alexandre Farnoux et Jan Driessen entreprennent à leur tour pour l’EFA une exploration de surface du massif. Ils relèvent la présence de mobilier céramique daté du Minoen Récent IIIC dans l’habitat et repèrent en outre un épais mur Nord-Sud semblant en marquer la limite.

À partir du milieu des années 2000, des fouilles de sauvetage sont entreprises par le Service archéologique grec (Éphorie du Lasithi) dans le vallon central et dans la nécropole. En 2012 deux nouvelles terrasses comprenant notamment les vestiges d’un atelier métallurgique du Géométrique Récent sont ainsi mises au jour dans l’habitat (fig. 3). Les fouilles de 2012 permettent en outre de dater la construction des murs de soutènement massifs qui structurent les pentes du vallon central du Géométrique Récent et de placer l’abandon progressif de l’habitat au début du VIIe s. En 2014, les indices d’un sanctuaire de sommet Minoen Moyen II (1800-1650 avt n. è.) sont par ailleurs mis en évidence dans la partie orientale du massif, sur le pic de Vigla (figs 2-4), et les vestiges d’un édifice du Minoen Récent IIIC sont exhumés en contrebas.




© EFA / F. Gaignerot-Driessen

 

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Thasos - S507

Mole moderne, chaloupe de la marine grecque,
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LA CHRONIQUE DES FOUILLES

SINDOS-6441
À Sindos, A. Keramaris (XVIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques) a mené en 2010 une fouille de sauvetage sur le terrain Frigo Stahl, sur une superficie de 2050 m2, et a mis au jour les vestiges de deux maisons de la seconde moitié du IVe et du début du IIIe s. av. J.-C. (fig. 1) Au centre de la zone fouillée, on a dégagé une maison (dim. 26,30 x 22,30 m) constituée de 20 pièces organisées autour d’une cour péristyle (dim. 12,70 x 12,50 m). Les murs sont conservés en fondations, construites en moellons. Deux entrées ont été identifiées, une entrée centrale dans l’aile Nord-Est, et une entrée secondaire au Sud-Ouest. Une canalisation traverse la cour et aboutit à un puit maçonné. L’absence d’objets ne permet pas d’identifier la fonction des pièces. Dans la partie orientale
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