Histoire de la cité
 
Guide de Thasos : ville et monuments
           Thasos a été habitée dès l’époque paléolithique, mais les premiers vestiges importants que l’on connaisse – sur des sites de l’intérieur de l’île – datent de l’âge du bronze.

           L’histoire grecque de l’île ne commence qu’au début du viie s. av. J.-C., vers 680, lorsque des colons originaires de Paros, encouragés par un oracle de Delphes et guidés par leur chef Télésiclès – le père du poète Archiloque – abordent les rivages de l’île. Ils se heurtent alors aux populations thraces qui l’occupent, et mettent plusieurs décennies à assurer leur domination sur l’île et la région côtière du continent.

           Vers 500, la cité est riche et protégée par un puissant rempart nouvellement construit. Elle se soumet pourtant par deux fois aux cours des guerres médiques, à Darius en 491 puis à Xerxès en 480. Après la victoire des cités grecques, Thasos passe dans l’orbite d’Athènes et intègre la Ligue de Délos, dont elle est l’un des plus riches contributeurs jusqu’à sa révolte contre l’impérialisme athénien en 465. Après plus de deux années de siège, la cité finit par céder et doit livrer sa flotte et abattre ses remparts.

           La guerre du Péloponnèse et ses suites font de Thasos l’un des terrains où s’exerce la rivalité entre les deux grandes puissances de l’époque : précipitées par les interventions du Spartiate Lysandre ou de l’Athénien Thrasybule, oligarchies laconisantes et démocraties pro-athéniennes se succèdent régulièrement jusque vers 375, date à laquelle l’île entre dans la seconde confédération athénienne.

           A partir de cette date, Thasos est une cité prospère qui tâche de s’accommoder au mieux des hégémonies qui se succèdent, athénienne, macédonienne puis romaine. L’île refait parler d’elle au moment de la bataille de Philippes, lorsqu’elle sert de base arrière aux républicains Brutus et Cassius. Sous le Haut-Empire, Thasos demeure une cité de moyenne importance qui cherche pourtant à imiter l’éclat des villes les plus importantes, en développant de nouveaux projets d’urbanisme et d’ornement.  

           Les destructions survenues à l’époque romaine tardives marquent une rupture dans l’histoire de la cité : progressivement reconstruite, celle-ci  s’organise autour de plusieurs basiliques chrétiennes et de quelques vastes demeures bâties sur les ruines de l’ancienne cité, dont elles remploient quantité de matériaux. Vers 620 survient une nouvelle invasion, celle des Slaves, dont la cité, entièrement détruite, ne s’est pas relevée avant plusieurs siècles.
 
© EfA / Julien Fournier
 

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LA CHRONIQUE DES FOUILLES

DIPORO. - Panaghia-6472
Dans la région de Diporo, G. Karamitrou-Mentessidi (XXXe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques) a poursuivi en 2010 une fouille de sauvetage sur le bord de l’Haliakmon, sur le site de Panaghia, menacé d’inondation par la construction d’un barrage (cf. Chronique, notice 2162). On a mis au jour les vestiges d’une maison de l’époque hellénistique (bâtiment A) composée de quatre pièces séparées par un couloir central (fig. 1). Elle occupe une surface de 192,27 m2 (dim. 13,42 x 14,70 m). Deux autres pièces ont été ajoutées dans un état ultérieur, probablement à l’époque romaine. Sous la couche de destruction, on a dégagé dans une des pièces un sol dallé de pierres, dans une autre un ensemble de 5 pithoi, ainsi qu’un pithos dans l’espace du couloir et un autre dans une dernière pi
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