Mission de terrain de l’EFA : les temples d’Apollon à Delphes 2025

Les temples d’Apollon à Delphes – programme NAAOS3D | 30 mars – 06 avril 2025

Miniature pour la mission de terrain les temples d’Apollon, juillet 2022 / EFA, Archeovision, Pascal Mora

L’étude architecturale consacrée aux temples d’Apollon s’est poursuivie du 30 mars au 6 avril 2025 avec l’appui d’une équipe interdisciplinaire – archéologues, archéomètres et géophysiciens – menée par Vincent Baillet (Université de Bordeaux, UMR 6034 Archéosciences Bordeaux).

Cette mission avait pour objectif de poursuivre les opérations de relevés 3D (lasergrammétrie et photogrammétrie) qui furent engagées en 2022, afin de compléter le corpus de blocs destiné à la réalisation de l’anastylose complète du temple d’Apollon (IVe siècle a. C.). Si les précédents les relevés 3D ont permis d’acquérir les blocs de l’entablement et des tambours de colonnes de la péristasis, cette année ce sont des blocs remarquables issus de la cella qui furent numérisés, notamment le chapiteau ionique de la double rangée de colonnes.

Investigation de la polychromie architecturale sur le chapiteau ionique du temple du IVe siècle (de gauche à droite : Sarah Petitcolas, Pascal Mora), avril 2025 / EFA, Archéosciences Bordeaux, Vincent Baillet
Dispositif non pour traquer la polychromie par photogrammétrie micrométrique sur un bloc de larmier du temple des Alcméonides remployé dans les fondations de l’opisthodome, avril 2025 / EFA, Archéosciences Bordeaux, Vincent Baillet

Parallèlement à ces travaux de numérisation, nous avons poursuivi les investigations sur la polychromie architecturale des « temples d’Apollon ».  En 2023, nos premiers essais pour « traquer » des matières colorantes invisibles à l’œil nu sur l’édifice du IVe siècle ont permis de valider toutes les implications méthodologiques et de délivrer de premiers résultats probants pour la caractérisation des pigments. Lors de cette mission, nos observations ont porté sur des blocs architecturaux du temple du IVe siècle et également du temple des Alcméonides. Cette étude permettra d’affiner notre connaissances des matières colorantes employées par les anciens pour rehausser les lignes constitutives de ces édifices sacrés.

Enfin, cette opération de terrain a permis la numérisation par lasergrammétrie de la fontaine dite des Muses (SD332) installée au sud de la terrasse du temple d’Apollon. L’étude de ces canaux en étant reliée à l’anastylose que nous menons sur le temple d’Apollon permettra d’accumuler de nouvelles données exploitables pour mieux comprendre les usages autour de ce dispositif et donc sa véritable destination qui reste encore sujette à caution, comme le montrent les dernières recherches opérées par A. Jacquemin et D. Laroche (« Rochers et sources à la naissance d’un sanctuaire oraculaire », Sanctuaire et paysage, Université de Strasbourg, 2024).

Photographie prise au droit de l’exutoire II dans le canal nord de la fontaine des Muses en direction de l’exutoire I., avril 2025 / EFA, Archéosciences Bordeaux, Vincent Baillet