Newsletter EFA numéro 24 | Automne – hiver 2025-26

NEWSLETTER AUTOMNE – HIVER 2025-26

ÉDITORIAL

Presque au terme de cette année 2025, on peut dire qu’elle aura constitué un jalon important pour l’École française d’Athènes, qui s’affirme comme une institution de recherche internationale capable de conjuguer traditions d’érudition et formes innovantes dans les humanités et les sciences sociales. Succès à l’ERC, création de nouvelles formes éditoriales pour les corpus archéologiques, nouvelles relations de partenariat ouvrant vers des projets de recherche aux horizons balkaniques et méditerranéens, sont là autant de faits marquants qui s’inscrivent progressivement dans une organisation repensée des services et des locaux.
Après des travaux de rénovation qui, loin d’être achevés aujourd’hui sur tous les bâtiments de l’École, ont été importants en 2024, ce sont désormais de nouvelles configurations au sein des bâtiments Prassa, Tsolakis et Didot qui vont progressivement permettre aux services de l’EFA de déployer plus confortablement leurs activités avec les chercheurs.
Avec le développement d’un Institut d’Études Avancées à Athènes, en partenariat avec trois institutions universitaires grecques, l’EFA s’affirme comme un acteur de constructions européennes, dans la fidélité à son héritage philhellène comme à son ouverture transnationale dès ses origines. Créer aujourd’hui les conditions de développement d’une recherche internationale de haut niveau dans nos domaines, c’est répondre à des défis auxquels l’EFA s’est préparée au cours des années précédentes en construisant un solide écosystème. C’est penser nos héritages et construire nos partenariats dans le respect de nos missions de construction du savoir par les sources et le terrain, sans craindre de changer nos habitudes et nos pratiques pour que notre École puisse continuer, comme par le passé, à « faire école ». Nul doute que ces années de crises géopolitiques sont aussi un tournant pour le contexte d’exercice de nos recherches qui subissent les impacts des évolutions politiques et institutionnelles du monde contemporain. Réinvestir nos terrains de recherche des Balkans et de Méditerranée orientale dans des logiques transnationales, adopter des stratégies européennes, offrir des ressources numériques de référence accessibles et internationalement reconnues, réinventer nos dispositifs de mobilité des chercheurs, conforter le caractère post-doctoral du concours de recrutement des membres scientifiques et investir dans leur formation pour assurer une relève universitaire, sont autant de réponses que l’École entend apporter face à ces défis. Ce dialogue entre les espaces et les époques est aussi un dialogue entre les disciplines : l’École, avec ses domaines de recherche étendus de la préhistoire et l’antiquité jusqu’au monde contemporain, s’y affirme comme un centre de compétences et un trait d’union entre de multiples communautés professionnelles et institutionnelles, abordant avec confiance l’année 2026 qui sera celle de ses 180 ans.

Véronique Chankowski
Directrice de l’École française d’Athènes

ANNONCES

Fermeture pour les fêtes de fin d’année

L’École française d’Athènes sera fermée du mardi 23 décembre au soir au lundi 05 janvier au matin.

Les listes de diffusion de l’EFA évoluent en 2026 !

À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, l’EFA fait évoluer la manière dont elle diffuse ses actualités par mail, afin de vous proposer une information plus ciblée et en adéquation avec vos centres d’intérêt.
Pour continuer à suivre notre actualité, nous vous invitons à sélectionner dès maintenant les listes de diffusion auxquelles vous souhaitez vous abonner, en vous rendant sur la page dédiée de notre site.
Trois options s’offrent à vous :

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  • RECHERCHE | Suivez l’actualité scientifique de l’EFA : colloques, séminaires, appels à communication et appels à projets

📌 Sans inscription à l’une de ces listes de diffusion, vous ne recevrez plus nos communications à partir de 2026.

Nous vous remercions de votre fidélité et vous invitons à paramétrer vos préférences dès aujourd’hui.

L’EFA recrute!

L’École française d’Athènes recrute un(e) archiviste chargé(e) de collection et de valorisation.
Nature du contrat : CDI, temps plein
Date de prise de fonction : 15/01/2026
Date limite d’envoi des candidatures : 15/12/2025

Vous souhaitez devenir membre scientifique de l’École française d’Athènes ?

Pour l’année 2026-2027, dix postes de membre de l’École française d’Athènes seront vacants ou susceptibles d’être vacants à compter du 1er septembre 2026.
Les candidatures sont ouvertes !
Date limite d’envoi des dossiers de candidature : 01er février 2026 

AGENDA

EXPOSITION
20/11/2025 –
25/06/2026
Musée des moulages A.U.Th. et Atelier Gilliéron : un siècle de collaboration créative

Lieu : Musée des moulages de l’Université de Thessalonique

Un projet original, né de la collaboration créative entre le Musée des Moulages de l’Université Aristote de Thessalonique et les Archives Gilliéron de l’École française d’Athènes.

MANIFESTATION
14-16/01/2026
ANCHISE Final Forum

Lieu : Société Acrchéologique d’Athènes, Panepistimiou 22

Participez au Forum final du projet ANCHISE (Horizon Europe), qui clôture trois années de collaboration européenne pour la protection du patrimoine contre le trafic et le pillage des biens culturels !

EXPOSITION
Printemps 2026
En-Quête d’Orient

Lieu : Athènes

Quelle est cette étrange silhouette à ombrelle, que l’on retrouve d’Athènes à Alep ? Qu’y a-t-il en commun entre l’énigmatique empoisonneuse Marga d’Andurain et la célèbre Agatha Christie ? Et surtout, comment quatre archéologues originaires d’Alsace et liés à l’EFA se retrouvent à la tête des travaux de fouille et de restauration de Palmyre ?

Bientôt plus d’informations…

PROGRAMMES & PROJETS

Retour sur les actualités de terrain de la saison 2025

Tandis que se clôt avec les premiers frimas la saison des missions archéologiques, le temps est venu de dresser un bilan provisoire de l’intense activité de fouille et de prospection en 2025 : du plateau d’Armenokhori, dans l’arrière-pays d’Amathonte à Chypre – où la prospection a localisé un site occupé probablement entre la fin du Xe et la première moitié du IXe millénaire – à Apollonia d’Illyrie – où l’équipe franco-albanaise a notamment repris la fouille des thermes d’époque impériale jadis dégagés par Léon Rey, apportant de nouveaux indices sur le plan, l’architecture et les phases de l’édifice –, les opérations de terrain soutenues par l’EFA se sont déployées sur une grande partie du bassin oriental de la Méditerranée, révélant des vestiges datés entre le Néolithique précéramique et l’époque ottomane, voire contemporaine. Sur l’acropole d’Amathonte, la fouille a complété notre connaissance de la première phase du Palais, tandis qu’une première campagne de fouille sur la terrasse ouest a partiellement dégagé un édifice de l’Antiquité tardive, dont l’exploration se poursuivra en 2026. Le tracé et l’histoire du rempart de Néa Paphos, sur la côte occidentale de Chypre, ont été précisés par une série de sondages. En Crète orientale, la campagne de fouille de Dréros (EFA, Éphorie du Lassithi) a porté à la fois sur l’imposant bâtiment construit sur la pente nord en contrebas de l’agora, dont on a dégagé une nouvelle pièce à l’est, et sur l’agora, dont les phases et l’architecture ont été précisées, tandis qu’on a identifié au centre de la place une nécropole byzantine, dont la fouille devra être poursuivie. À Malia (EFA, Éphorie d’Héraklion), une première campagne d’exploration des aménagements proches du littoral a documenté, sur la butte à l’est de la plage de Milopotamos, un espace densément bâti au Minoen moyen II, fragilisé par la fréquentation touristique. À Délos, une série de sondages dans les établissements gymniques a précisé les phases d’utilisation de la Palestre du lac et la chronologie du Gymnase, du Xyste et du Stade. En Grèce du Nord, à Dikili Tash (EFA, Société Archéologique), la poursuite de la fouille a précisé l’organisation spatiale et les activités d’une « parcelle » du village néolithique. En Phocide, à Delphes, la fouille au nord-est du sanctuaire n’a certes pas permis de confirmer la présence d’une porte dans le péribole archaïque à cet endroit, mais elle a dégagé une série de fosses, dont certaines ont été utilisées pour des sépultures au VIe et VIIe s. apr. J.‑C., livrant des indices précieux pour l’occupation du site à l’époque protobyzantine. Enfin, à Amphissa (EFA, Éphorie de Phocide), l’équipe franco-grecque a poursuivi son étude des fortifications jusqu’à l’époque contemporaine.
Parallèlement aux opérations de fouille et de prospection, l’École, fidèle à son engagement de description, d’interprétation et de publication de ses découvertes archéologiques, a organisé en 2025 quelque soixante-dix missions d’étude.

Projet ANR PSOMI

Depuis le début de l’année 2025, l’École française d’Athènes est partenaire du projet ANR PSOMI, Consommations alimentaires à l’arrière pendant la Première Guerre mondiale 1913-1923 (France, Italie, Grèce et Belgique). Préparé avec l’accompagnement de l’Atelier de montage de projets de l’EFA, ce projet pluridisciplinaire, associant historiens, socio-anthropologues et spécialistes des études visuelles, étudie le rôle de la Première Guerre mondiale dans les transformations à long terme des systèmes et des identités alimentaires dans un contexte d’insécurité alimentaire accrue. Il part du constat que l’alimentation a été un des enjeux majeurs de la guerre totale entre 1914 et 1918, par exemple en ayant joué un rôle dans la défaite des Puissances centrales. Dans une perspective globale et un cadre chronologique élargi aux sorties de guerre (1913-1923), le projet s’intéresse à la situation moins connue des pays de l’Entente à travers l’approche comparée de quatre pays touchés de manière différenciée par l’insécurité alimentaire : la France, l’Italie, la Belgique et la Grèce. Il croise l’histoire de la Première Guerre mondiale et les Food Studies pour étudier la consommation alimentaire civile (hors du front) à partir des commerces alimentaires (commerces de bouche, restauration, distribution d’appoint) dont l’organisation, l’offre et les perspectives économiques sont transformées. Combinant l’étude des pratiques et celle des représentations, le projet cherche à saisir l’évolution des consommations alimentaires marquées par les tensions sur l’approvisionnement et les régulations publiques, et par les transformations des identités, des liens sociaux et des dynamiques de genre. Il interroge la transformation des goûts, mis à l’épreuve des restrictions et de la confrontation avec des cultures alimentaires autres, en lien avec les mobilités de masse de la période. Le projet entend ainsi évaluer les caractéristiques et l’extension de l’insécurité alimentaire dans ces pays à travers les évolutions du secteur alimentaire de détail et des consommations. Il adopte une approche comparée pour saisir la diversité des acteurs, des sites et des enjeux à différentes échelles, locale, nationale et transnationale (Entente et Puissances centrales).
Hébergé à l’Université de Picardie Jules Verne, le projet a été lancé à Amiens en mars 2025. Après une deuxième réunion à Tours, le 11 juin 2025, il a été présenté à l’École française d’Athènes par sa responsable, Emmanuelle Cronier, lors de la journée annuelle des programmes de la section moderne et contemporaine, le 19 juin 2025. La prochaine réunion de l’équipe, couplée à un séminaire de recherche, aura lieu à l’École française d’Athènes en février 2026.

Signature du Memorandum of Understanding le 12 novembre 2025 à l’Université Nationale et Capodistrienne d’Athènes.
De gauche à droite : Véronique Chankowski, Directrice de l’École française d’Athènes,
Gerasimos Siasos, Recteur de l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes, Christina Koulouri, Rectrice de l’Université Panteion des sciences sociales, Dimosthenis Sarigiannis, Président de la Fondation nationale de la recherche hellénique

Un institut d’études avancées pour les SHS à Athènes

Depuis plusieurs années, l’École française est engagée dans le déploiement d’un nouveau partenariat avec les universités athéniennes : la création d’un Institut d’Études Avancées pour les SHS qui viendrait, à Athènes, remplir un vide sur la carte du réseau international des IEA. Une étape importante a été franchie avec la signature, le 12 novembre dernier, d’un Memorandum of Understanding associant sous l’impulsion de l’EFA trois établissements athéniens : l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes, l’Université Panteion et la Fondation nationale pour la recherche hellénique. La directrice et les recteurs réunis à l’occasion de cette signature ont réaffirmé la volonté de ce consortium de développer ce dispositif de recherche international de haut niveau, favorisant, avec la venue de chercheurs de tous horizons, le développement de travaux de recherche sur la Grèce, les Balkans et la Méditerranée à toutes les périodes et dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. D’ores et déjà, les quatre institutions partenaires unissent leurs forces pour le montage de projets de financement et pour l’animation d’un réseau de recherche qui s’ouvrira rapidement à de nouvelles collaborations institutionnelles.

COOPÉRATIONS EUROPÉENNES & INTERNATIONALES

Des nouvelles du RESEFE

En 2025, la présidence tournante du Réseau des Écoles françaises à l’étranger revenait à l’EFA.
Deux faits marquants ont scandé cette année 2025 sous la présidence de l’EFA.
Du côté du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Espace, l’organisation d’une présentation des travaux des Écoles françaises à l’étranger, le 15 septembre dernier dans l’amphithéâtre Henri Poincaré du MESR, a constitué un beau moment de mise en valeur de nos établissements. Sous le titre Les EFE et les SHS : innovation, partenariats stratégiques et rayonnement international, cette séquence a permis de présenter quelques-uns des succès majeurs réalisés ces dernières années dans les Écoles et de faire entendre plusieurs témoignages représentatifs de leur rôle dans le paysage de l’ESR. La présentation s’est conclue par la signature des contrats pluriannuels des EFE, consacrant ainsi la définition de leurs orientations et de leurs objectifs pour les prochaines années.
Au sein du ResEFE, après six années au service des projets numériques des EFE, Bruno Morandière a rejoint la TGIR Huma-Num où il continuera à accompagner de nombreux projets comme chargé de mission pour les partenariats et programmes de recherche structurants. À l’issue de la procédure de recrutement, c’est Jean-Sébastien Gros qui lui succède comme chargé d’appui aux projets numériques du ResEFE. Jean-Sébastien est docteur en histoire de l’art et archéologie, spécialisé dans l’application des technologies numériques aux sciences humaines. Il a orienté sa carrière vers l’ingénierie numérique de la recherche et collaboré avec plusieurs institutions françaises et internationales dans le domaine de l’archéologie et de la gestion des données culturelles. Son engagement au sein du ResEFE prolonge un cheminement entre recherche académique et ingénierie numérique, au service de la communauté scientifique des Écoles françaises à l’étranger.

Cette année de présidence fut aussi pour l’EFA l’occasion d’animer de nombreuses réunions « métiers » entre les services d’appui à la recherche des cinq Écoles, et de favoriser le partage de compétences sur de multiples sujets. Du 25 au 28 juin dernier, l’EFA a accueilli des représentants des Écoles pour le séminaire annuel du Réseau, avec plusieurs réunions des directeurs et des directeurs des études. Au cours de ce séminaire, nous avons organisé une très riche journée intitulée Des Écoles internationales. Penser les héritages, construire les partenariats. Il y a été question de l’image des Écoles dans leurs pays hôtes, des recherches en contexte de crise sur des terrains empêchés, des enjeux de l’apprentissage des langues des pays hôtes et de la diffusion des recherches qui l’accompagne, et enfin des initiatives européennes de programmation de nouvelles recherches. Le séminaire s’est terminé par un banquet « à la grecque » qui a permis de conjoindre l’antique et le contemporain !

ANCHISE – vie d’un projet européen à l’EFA

Dans sa troisième année, le projet européen ANCHISE a continué de mobiliser les communautés impliquées dans la lutte contre le trafic des biens culturels, notamment à travers des démonstrations de terrain menées auprès des autorités compétentes en Sicile et en Bosnie-Herzégovine. Ces sessions ont permis de tester les outils technologiques développés par le projet auprès de plus de 150 praticiens issus de six pays européens, offrant des retours précieux pour affiner ces solutions innovantes.
Sur le plan scientifique, l’École a contribué activement à la dissémination des résultats du projet. Une publication conjointe avec Éléonore Favier, intitulée From Risk to Response: How the Heritage Sector Addresses Illicit Trafficking, a été publiée sur la plateforme Balkan Museums Network. Par ailleurs, le projet a également servi de support à des actions de sensibilisation auprès du grand public : le 14 novembre, une intervention conjointe de Bastien Rueff et de l’équipe ANCHISE au Lycée franco-hellénique a permis de présenter les enjeux de la protection du patrimoine culturel à un public scolaire, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre le trafic de biens culturels établie par l’UNESCO.
Le dernier trimestre du projet sera consacré à la finalisation des livrables, à la publication de contributions scientifiques impliquant plusieurs membres de l’École, et à l’organisation de l’ANCHISE Final Forum (14-16 janvier 2026 à la Société Archéologique d’Athènes), qui constituera l’occasion de dresser un bilan complet de cette expérience européenne.
N’hésitez pas à vous incrire ici !

Monter un projet ERC : retour d’expérience avec Agustín Cosovschi

Membre de la Section des études modernes et contemporaines depuis 2022, Agustín Cosovschi vient d’obtenir, dès sa première candidature, un ERC Starting Grant pour son projet Brokers of Non-Alignment: Biographical and Network Approaches to the Making of the Third World (Brokers-of-NAM). Il a depuis rejoint l’Institut d’histoire contemporaine de Ljubljana, qui accueille le projet et lui a offert un poste permanent de chercheur. Il partage ici son expérience du montage et les réflexions qui l’ont accompagnée.

« En juillet dernier, après plusieurs mois d’attente et à la suite d’une audition devant les membres de la commission, j’ai reçu le message m’annonçant que j’avais obtenu un financement Starting Grant du Conseil européen de la recherche (ERC). Cette réussite est l’aboutissement d’un long processus de réflexion et de travail mené au fil des années, principalement à l’École française d’Athènes, avec le soutien de la direction et des directeurs d’études, mais également grâce à un appui en Slovénie et à un dialogue suivi avec des collègues à travers l’Europe.
Comme on le sait, l’obtention d’un projet ERC repose notamment sur la capacité des candidats à faire preuve d’autonomie et de leadership scientifique. Mais l’importance de ces compétences se manifeste déjà dès la phase de montage du projet, qui implique une série de choix stratégiques déterminants.
Dans mon cas, il a été essentiel de conjuguer le soutien inébranlable de l’École avec un dialogue nourri avec des collègues issus de différents pays et disciplines, capables de m’aider à affiner et à élargir ma réflexion. Ce processus a été, je tiens à le souligner, assez long. Si l’idée de présenter un projet ERC était déjà présente lors de mon arrivée à l’EFA en 2022, il m’a en réalité fallu près d’un an et demi pour définir un sujet capable d’articuler mes recherches passées et mes ambitions intellectuelles pour l’avenir.
L’Atelier de montage de projets, mis en place par la Direction de l’EFA, a offert un cadre excellent pour définir l’angle de mon projet. En échangeant pendant plusieurs mois avec la Directrice, les deux directeurs des études et d’autres membres scientifiques de l’École, j’ai pu développer mes idées et, surtout, comprendre l’importance de proposer une réflexion ambitieuse, touchant non seulement aux spécificités de mon domaine, mais aussi à l’étude du passé dans son ensemble. Parallèlement, une collaboration avec l’Institut d’histoire contemporaine de Ljubljana m’a permis de dialoguer avec des collègues spécialistes de mon sujet, qui ont contribué à affiner mes approches historiographiques et méthodologiques. Le personnel du ministère slovène de la Science m’a également apporté un soutien essentiel sur les aspects techniques de la préparation d’un projet européen.
Je suis convaincu que c’est précisément la combinaison du soutien de l’École et de celui de mes collègues en Slovénie et ailleurs qui m’a permis de développer mon projet dans la bonne direction. À toutes celles et ceux qui envisagent de se lancer dans un projet de ce type, je conseillerais de s’appuyer pleinement sur les ressources offertes par l’École et sur la richesse de ses échanges scientifiques, tout en sollicitant également des collègues avec lesquels vous avez déjà collaboré et souhaitez poursuivre le dialogue à l’avenir : votre projet s’en trouvera considérablement enrichi. »

ARCHIVES

Archives audiovisuelles et sonores de l’EFA : vers une politique pérenne

L’EFA produit depuis plusieurs années des données audiovisuelles et sonores, mais celles-ci restaient jusqu’à récemment en marge des opérations de collecte et de description. Un stage de Master 2 a été mené par Ambre Hamon en 2025 afin, d’une part, de démarrer la prise en charge de cette typologie et, d’autre part, d’initier des pistes de valorisation. Après un état des lieux des circuits et processus de production, un modèle de notice spécifique a été créé dans la base Archimage, permettant l’inventaire et l’indexation des fichiers à la pièce. Une politique d’archive des données audiovisuelles et sonores accompagnée des formulaires autorisant l’exploitation et la diffusion des données ont ensuite été rédigés. Enfin, une réflexion a été menée sur la valorisation des archives audiovisuelles et sonores de l’EFA.
Les notices audiovisuelles et sonores déjà traitées seront mises en ligne début 2026.

Réorganisation du service des archives

Depuis le 1er octobre, le service des archives est fermé en raison de sa réorganisation et du déménagement de plusieurs bureaux et collections. Ainsi, les bureaux des gestionnaires de fonds seront regroupés autour d’une salle de consultation commune située dans le bâtiment Tsolakis. De plus, les estampages seront accueillis dans une réserve au sein du même bâtiment, et les diapositives seront conservées au plus près de la salle commune.
Un seul rendez-vous permettra au public de consulter plusieurs types de documents physiques ou numériques (images, documents graphiques, archives manuscrites et estampages, etc.) en un lieu unique totalement rénové. Les demandes de renseignements et prises de rendez-vous se feront via une adresse générique : archives@efa.gr, afin que chaque membre du service puisse apporter au public une réponse rapide et adaptée. Enfin, un règlement de salle de consultation mis à disposition des lecteurs complètera les fiches déjà disponibles en ligne relatives à la communication, la reproduction et la (ré)utilisation des archives de l’établissement.
Nous vous attendons avec impatience dans ce nouvel espace à partir de la mi-janvier !

BIBLIOTHÈQUE

Ces derniers mois, une partie importante des activités de la bibliothèque a été consacrée à des questions de gestion matérielle des collections.

Le chantier de refoulement

Une première opération a consisté à redéployer des collections vivantes de monographies dont les nouveau volumes, faute de place, ne pouvaient être intégrés aux corpus existants. Deux interventions ont été menées : une première en salle D, où les fonds byzantin, moderne et contemporain (518 mètres linéaires) ont été refoulés, permettant au passage un dépoussiérage des ouvrages et un nettoyage du mobilier. La seconde intervention, en salle C, a impliqué le refoulement de plus de 400 mètres linéaires de périodiques, afin de libérer de l’espace à l’entrée de la salle. Cet espace a ensuite été utilisé pour intégrer 122 titres de collections trop à l’étroit et ne pouvant plus croître, provenant des salles A, B et des escaliers.
Le redéploiement effectué permet d’intégrer les nouvelles acquisitions pour les prochaines années, d’améliorer les conditions de conservation des volumes et enfin de rendre les corpus plus lisibles pour les lecteurs.

Le chantier reliure

Les collections physiques de la bibliothèque de l’EFA ont commencé à être constitués sur une base régulière dans le dernier tiers du XIXe siècle. Leur usage intensif par les chercheurs, s’il témoigne de la pertinence scientifique des ouvrages sélectionnés, a généré une usure qui aujourd’hui menace fortement leur intégrité matérielle. Ces problèmes sont d’autant plus prononcés que les conditions de conservation sont globalement mauvaises : la plupart des salles où les collections sont conservées sont dépourvues de climatisation et de système de chauffage, et connaissent donc de très grandes variations de température et d’hygrométrie.
Une des solutions qui permet de prolonger significativement la durée de vie des livres va être de prévoir un remplacement des reliures, qui permet de refaire à neuf le dos et les plats, et de renforcer ainsi les parties les plus fragiles.
Une analyse des besoins a été conduite à la fin de l’été permettant d’établir quels ensembles documentaires pourraient faire l’objet de ce traitement physique (on parle d’environ 7 200 volumes), et une recherche active de mécène a démarré dès le mois de septembre.

Les bibliothèques des maisons de fouille

Les bibliothèques des maisons de fouille de l’EFA se sont développées de manière hétérogène et présentent aujourd’hui des profils documentaires qui ne sont pas toujours en phase avec les besoins concrets des équipes y travaillant. Le développement des publications électroniques notamment commande de repenser l’articulation entre les différents supports.
Une première action va donc être conduite à l’occasion du réaménagement de la bibliothèque de la maison de Malia, impliquant équipes de la bibliothèque et chercheurs, afin de définir des éléments de méthode qui pourront ensuite être repris sur d’autres sites.

ÉDITIONS

L’École élargit son terrain.

Avec Fouilles et Études, elle s’aventure vers de nouveaux sites, de nouvelles approches, de nouvelles collaborations.

L’École française d’Athènes a le plaisir d’annoncer la création de la collection Fouilles et Études, une nouvelle série destinée à accueillir les publications issues de programmes archéologiques récents menés en Grèce, dans les Balkans et sur le pourtour méditerranéen. Cette initiative témoigne des ambitions renouvelées de l’École, qui étend aujourd’hui ses recherches au-delà de ses sites historiques d’intervention et ouvre son champ d’action à de nouveaux territoires et à de nouvelles collaborations.
Fouilles et Études a pour vocation de publier des travaux qui ne trouvent pas leur place naturelle dans les collections traditionnelles consacrées à des sites précis – telles que les Études thasiennes, les Études crétoises ou l’Exploration archéologique de Délos par exemple. Elle réunit des monographies de sites, des volumes collectifs ou des synthèses régionales, issus de projets menés sous l’égide de l’École française d’Athènes ou en partenariat avec d’autres institutions de recherche françaises et étrangères.
Cette collection offre un cadre éditorial souple et rigoureux, permettant de valoriser la diversité des approches et des méthodes : archéologie, histoire, géoarchéologie, études de mobilier, analyses environnementales, ou encore relectures historiques de contextes régionaux.
Avec Fouilles et Études, l’École française d’Athènes réaffirme sa mission de diffusion du savoir et son engagement en faveur d’une recherche ouverte, collaborative et résolument européenne. Elle souhaite ainsi accompagner l’évolution des pratiques scientifiques et mettre en lumière la richesse des programmes qui contribuent, en Grèce et au-delà, à renouveler notre compréhension des mondes méditerranéens et balkaniques.

Elle accueillera, déjà en 2025 et les années suivantes :

  • Michel Sève, Patrick Weber, Le forum de Philippes. Tome I. L’ensemble de la place : les fouilles, les ruines, l’urbanisme
  • Carla Cioffi, Al crocevia tra archeologia e metrologia: le tavole di misura greco-romane. Un corpus commentato
  • Vasilica Lungu, Nécromanteion grec et basilique paléochrétienne à Orgamé /Argamum : étude d’archéologie et d’histoire de la religion
  • Alexandre Baralis, Krastina Panayotova, Dimitri Nedev (éd.), La Mission archéologique franco-bulgare à Apollonia du Pont : le territoire et la cité

Les Éditions de l’École française d’Athènes prennent le large.

Multipliant les partenariats et les traductions, elles affirment une présence internationale à la mesure de la recherche qu’elles accompagnent.

L’année qui s’achève illustre plus que jamais l’ouverture internationale des Éditions de l’École française d’Athènes, reflet de la vitalité de la recherche menée au sein de l’institution et de ses partenariats multiples.

La DAFA (Délégation archéologique française en Afghanistan) en offre un exemple emblématique : quatre ouvrages ont déjà paru ou sont en cours de publication, témoignant de la continuité d’une collaboration scientifique exigeante et féconde. De même, le programme MedAmphora, conduit en partenariat avec le CEAlex, poursuit son chemin avec la parution cette année d’un quatrième volume, preuve du dynamisme des coopérations franco-égyptiennes autour de l’archéologie maritime et des échanges en Méditerranée.
L’ouverture se manifeste aussi à travers la collection Études méditerranéennes, dédiée aux coéditions, qui comptera à la fin de l’année quinze volumes, affirmant la place centrale de l’École dans la recherche sur l’espace méditerranéen, de la préhistoire à l’époque contemporaine.

Les traductions constituent un autre volet essentiel de cette internationalisation. La collection Épitomé, qui publie en grec, en anglais et en français, s’ouvre désormais à d’autres langues — italien, bulgare, chinois, arabe — démontrant que les éditions n’ont peur d’aucun horizon. À cela s’ajoutent des partenariats éditoriaux fructueux, notamment en Grèce et en Bulgarie, qui renforcent la diffusion et la reconnaissance des travaux de l’École à l’étranger.
Enfin, la diffusion prochaine des traductions en anglais de deux œuvres monumentales – Les cités grecques et leurs bienfaiteurs de Philippe Gauthier et Les cultes de Délos à l’époque hellénistique de Philippe Bruneau – parachève cette dynamique d’ouverture : un effort collectif pour rendre accessible à un large public international les fruits de la recherche portée ou soutenue par l’École française d’Athènes.

JEUNES CHERCHEURS & PROFESSIONNELS

YANN
un stage au sein de l’équipe topographie

Étudiant de quatrième année à l’École supérieure des ingénieurs géomètres et topographes (ESGT), Yann Houot a rejoint l’École Française d’Athènes dans le cadre de son stage en entreprise. Il a ainsi intégré l’équipe de topographie pour un peu plus de cinq mois et partage ici son expérience :
« Mon stage se scinde en deux parties distinctes : une partie sur le terrain du 14 juillet au 3 octobre, suivi d’une partie au bureau jusqu’au 19 décembre.
Sur le terrain, j’ai eu la chance de travailler sur deux fouilles distinctes, la première sur le site de Dikili Tash, en Macédoine orientale, et la seconde à Dréros, en Crète. À Dikili Tash, j’ai eu l’opportunité de parfaire ma mise en pratique de la topographie dans un cadre de fouille archéologique, sous la direction de Pascal Darcque et Zoï Tsirtoni. L’équipe était principalement constituée d’étudiants en archéologie, ayant chacun leur spécialité et donc une fonction bien particulière au sein de la fouille. Cette dernière a constitué une expérience particulièrement enrichissante, offrant l’occasion d’échanges culturels et d’une découverte du monde de l’archéologie éclairée par les connaissances de chacun.
À Dréros, j’ai collaboré avec l’équipe d’archéologues dirigés par Alexandre Farnoux et Hélène Brun. L’étendue du site archéologique -bien plus importante que celle de Dikili Tash – et l’apport de matériel supplémentaire m’ont permis de réaliser une plus grande diversité de travaux lors de cette seconde mission. Là encore, la diversité des parcours réunis sur cette fouille offrait une multiplicité de points de vue, enrichis par la formation et l’expérience propre à chacun.
Ces expériences sur le terrain m’ont également permis de découvrir des lieux bien particuliers de la Grèce, peu vantés (à tort) par les guides touristiques. Ajouté à cela, la diversité des parcours et des horizons dont chacun des étudiants était issu m’a profondément enrichi culturellement. Le tout s’est déroulé dans une bonne humeur générale, désormais indissociable, pour moi, de ces campagnes de fouilles.
Je travaille à présent dans les bureaux de l’EFA, où je traite les données GNSS (Global Navigation Satellite System) acquises sur le terrain à Dréros. Il s’agit d’exploiter les coordonnées géographiques afin de géo-référencer les points relevés. En Grèce, un changement important de système de coordonnées est intervenu en mai 2009 : on est passé d’un système mesuré depuis des points connus sur le continent (EGSA84) à un système satellitaire (HEPOS). Mon travail principal consiste donc à analyser et comprendre la transformation des coordonnées d’un système à l’autre.
Je tiens à remercier particulièrement Lionel Fadin et Brieuc Guillaume du pôle topographique, ainsi que l’ensemble de l’École française d’Athènes. Ce stage m’a offert une ouverture culturelle particulièrement enrichissante et une découverte privilégiée de la topographie appliquée à l’archéologie, dans un cadre pour le moins idyllique. »

L’EFA accueille le lauréat du
Concours Jacqueline de Romilly 2025

Premier prix ex-aequo dans la Catégorie Enseignement supérieur du Concours Jacqueline de Romilly 2025 (Association Sauvegarde des Enseignements Littéraires | Académie des Inscriptions et Belles-Lettres) pour sa nouvelle Jayson et la fucking Toison d’Or, Thomas Routoure, étudiant en lettres à l’université Paris 8, a été accueilli à ce titre à l’EFA du 25 octobre au 02 novembre 2025. Il revient ici sur cette semaine et partage avec nous son expérience :
« Tout d’abord, je tiens à exprimer ma profonde gratitude envers l’École française d’Athènes et son personnel, pour l’accueil qui m’a été réservé. Mes remerciements s’adressent également à l’association S.E.L et aux organisateurs du concours Jacqueline de Romilly pour cette expérience très enrichissante. Au cours de ce séjour, j’ai enfin pu réaliser un rêve d’enfance : découvrir Athènes, cette ville qui avait pris vie pour moi à travers les récits de Rick Riordan (notamment Percy Jackson). En visitant ses vestiges et monuments (notamment l’Acropole et le premier cimetière d’Athènes), j’ai animé ces pages qui m’ont tant marqué, adolescent. Mes errances m’ont également amené à découvrir le quartier d’Exarchia, dont j’ai pu admirer les tags et les graffitis. Enfin, une pensée particulière pour la bibliothèque de l’EFA, dont l’atmosphère calme et chaleureuse m’a permis de réviser mes partiels en toute sérénité. Encore merci pour ce séjour !  »

PORTRAITS

Arrivées

Christos Andrianopoulos

Membre scientifique
Section études modernes et contemporaines

Docteur en histoire et civilisations, Christos a rejoint l’EFA en septembre avec le projet de recherche Les premiers réformateurs du travail en Grèce : mutations du travail, luttes sociales et influences françaises (1900-1936)

Elli-Evangelia BIA

Membre scientifique
Section études antiques et byzantines

Docteure en archéologie byzantine, Elli-Evangelia a rejoint l’EFA en septembre avec le projet de recherche Thasos, la ville et l’île : dynamiques spatiales, sociales et économiques pendant l’Antiquité tardive.

Dimitris Gianniodis

Membre scientifique
Section études modernes et contemporaines

Simon Hasdenteufel

Membre scientifique
Section études modernes et contemporaines

Docteur en histoire du Moyen Âge, Simon a rejoint l’EFA en septembre avec le projet de recherche Une géographie seigneuriale. Territoires, pratiques de l’espace et baronnies en Romanie latine (XIIIe-XVe siècles).

Départs

Vessela Atanassova

Accueillie à l’EFA pour deux ans (2023-25) dans le cadre d’une mobilité Marie-Curie / ERA avec son projet Egyptian Cults in Ancient Thrace (ECAT), Vessela poursuit son projet et sa carrière d’enseignante-chercheuse dans son laboratoire (Institut des études balkaniques & Centre de Thracologie auprès de l’Académie bulgare des sciences).

Maguelone Bastide

Après avoir été membre scientifique de la section antique et byzantine pendant 4 ans, Maguelone poursuit aujourd’hui ses recherches en France, au titre de chercheuse associée à l’UMR ArScAn. Nous lui souhaitons le meilleur pour la suite de sa vie professionnelle!

Olga Boubounelle

Après avoir été membre scientifique de la section antique et byzantine pendant 2 ans, Olga a été recrutée comme maîtresse de conférences en Histoire grecque antique à l’Université Paris-Nanterre. Nous lui souhaitons le meilleur pour la suite de sa vie professionnelle!

Agustin Cosovschi

Membre scientifique de la section des études modernes et contemporaines depuis 2022, Agustin a obtenu un ERC Starting Grant dès sa première candidature. Il a rejoint l’Institut d’histoire contemporaine de Ljubljana (Slovénie), qui accueille son projet et lui a offert un poste permanent de chercheur. Nous lui souhaitons le meilleur pour la suite de sa vie professionnelle!

Matile Garré

Après avoir été membre scientifique de la section antique et byzantine pendant 1 an, Matilde a été recrutée comme maîtresse de conférences à l’Université Côte d’Azur. Nous lui souhaitons le meilleur pour la suite de sa vie professionnelle!

Jean-François Guay

Membre scientifique canadien de la section antique et byzantine pendant 4 ans, Jean-François enseigne à l’Université Rennes 2 et poursuit aujourd’hui ses recherches en France. Nous lui souhaitons le meilleur pour la suite de sa vie professionnelle!

Geoffrey Meyer-Fernandez

Membre scientifique de la section des études modernes et contemporaines durant 4 ans, Geoffrey a été recruté comme ATER à Aix-Marseille Université tout en poursuivant ses recherches au titre de chercheur associé à l’UMR LA3M. Nous lui souhaitons le meilleur pour la suite de sa vie professionnelle!

Priscilla Ralli

Après avoir été membre scientifique de la section antique et byzantine pendant 4 ans, Priscilla poursuit aujourd’hui ses recherches en Grèce. Nous lui souhaitons le meilleur pour la suite de sa vie professionnelle!

VALORISATION & MEDIATION

En-Quête d’Orient

Quelle est cette étrange silhouette à ombrelle, que l’on retrouve d’Athènes à Alep ? Qu’y a-t-il en commun entre l’énigmatique empoisonneuse Marga d’Andurain et la célèbre Agatha Christie ? Et surtout, comment quatre Athéniens, ainsi que l’on nomme ceux qui ont un lien étroit avec l’École française d’Athènes, originaires d’Alsace se retrouvent à la tête des travaux de fouille et de restauration de Palmyre ?
C’est une double quête qui est retracée dans le projet En-Quête d’Orient. Destins croisés d’archéologues. D’abord, celle de quatre archéologues, Paul Perdrizet, Henri Seyrig, Albert Gabriel et Daniel Schlumberger, qui vont parcourir cet Orient vaste et encore largement méconnu, durant l’entre-deux-guerres. Ensuite, l’enquête menée dans les fonds photographiques de l’université de Strasbourg, qui dialoguent avec les fonds d’archives de l’EFA mais aussi d’autres institutions, telles que l’IFEA, l’IFPO, la DAFA ou encore la Bibliothèque orientale de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. La mise en relation de ces archives inédites nous plonge dans l’intense activité archéologique des premières décennies du XXe siècle.
Les résultats sont rassemblés dans un volume trilingue, publié dans la collection Patrimoine photographique des Éditions de l’EFA et dont la réalisation est racontée dans l’épisode 16 du podcast Parole d’auteur. La valorisation de cette recherche a donné lieu à une exposition présentée à la Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme – Alsace (MISHA) à Strasbourg, avant d’être accueillie à la Fondation Marc de Montalembert, dans le cadre du colloque consacré à Camille Enlart et Albert Gabriel.
Nous vous invitons à rejoindre notre enquête à Athènes, où une version élargie de l’exposition sera présentée en libre accès, au printemps 2026 (bientôt plus d’informations…).

IMMOBILIER & ÉQUIPEMENTS

Découvrez les nouveaux espaces du bâtiment Prassa !

Les espaces rénovés sont prêts et accueillent déjà notre équipe de topographie dans un environnement entièrement réaménagé. Situés au rez-de-chaussée du bâtiment Prassa, les bureaux sont accessibles par l’accueil, rue Didotou.

Dès l’entrée dans le bâtiment, il apparaît clairement que le caractère historique du lieu a été préservé et que la rénovation a été réalisée dans le respect de son identité d’origine.
L’espace du fond a été réaménagé et transformé en bureau accueillant deux nouveaux postes de travail.

Nos collègues travaillent dans deux bureaux confortables, avec suffisamment d’espace pour leur équipement.

La salle de réunion attenante, dite Salle Prassa, a été conservée en l’état et accueillera dès le mois de mars de nouvelles rencontres.

Des travaux également au bâtiment Tsolakis !

Nous sommes dans la dernière ligne droite ! Les travaux de rénovation du 2e étage du bâtiment Tsolakis avancent à grands pas et le service des archives pourra bientôt déménager dans cet espace entièrement repensé et accueillant!

Une prochaine rénovation de notre salle de conférences historique ?

Nous espérons pouvoir engager en 2026 les travaux de rénovation de notre salle de conférence, située au cœur du bâtiment central historique, comprenant notamment la restauration de son remarquable plafond peint. Ces interventions permettront de préserver un élément patrimonial majeur tout en améliorant les conditions d’accueil de nos activités scientifiques et culturelles.

RETOURS EN IMAGES

François de Callataÿ à l’honneur

Le vendredi 31 octobre, à l’issue de sa conférence intitulée La République des médailles, XVIe–XVIIIe siècles, François de Callataÿ a été honoré lors d’une cérémonie organisée à l’École française d’Athènes.
À cette occasion, un volume de mélanges lui a été remis en témoignage de l’estime que lui portent ses collègues et partenaires scientifiques. Il s’est vu également décerner la médaille des Philhellènes, distinction attribuée en partenariat avec l’Ambassade de Belgique, saluant ainsi sa contribution majeure aux études numismatiques et au développement des collaborations franco-belges en Grèce.

Melimera et le pot des membres

Les membres scientifiques ont été à l’honneur tout au long de la journée du lundi 08 décembre. La matinée était consacrée à la Melimera, temps d’échange institué en 2018 et durant laquelle les membres présentent leurs travaux de recherche en cours à leurs collègues au sein de l’École. La directrice et les personnels de l’EFA ont ensuite pu apprécier leurs talents culinaires autour du magnifique buffet du traditionnel Pot des membres.

Et si la recherche prenait forme ?

La bibliothèque de l’École française d’Athènes accueille les créations de membres scientifiques : un dialogue entre recherche et matière.

Présentées dans l’espace de la bibliothèque, ces œuvres ont été réalisées par des membres scientifiques de l’École française d’Athènes au cours de l’année 2024-2025, dans le cadre de formations artistiques liées à leurs recherches. Sculpture sur marbre, modelage de l’argile ou travail céramique : autant d’expériences qui prolongent, par la pratique, la réflexion sur les matériaux et les savoir-faire du passé.
Ces créations témoignent de la richesse des échanges entre art et archéologie, technique et sensibilité, tradition et expérimentation. Elles invitent à regarder autrement la matière qui relie le geste du chercheur à celui de l’artisan.

Maguelone Bastide | Cruche à col échancré
argile et sable, 2025

Ce vase a été produit dans le cadre d’une formation à la production céramique donnée par Georgia Kordatzaki (Jasper Handmade Ceramics) et qui avait pour objectif l’application des techniques spécifiques à la céramique non tournée, susceptibles d’avoir été mises en œuvre pour les productions de l’âge du Fer ancien (Macédoine orientale et Thrace).
Il ne s’agit pas de la reproduction d’un vase spécifique, mais d’une création librement inspirée des modèles archéologiques, sur laquelle des techniques de décor par brunissage ont été expérimentées.

Éléonore Favier | La tresse
argile crue, 2025

Réalisée dans le cadre d’une formation avec la sculptrice Katerina Mitsiali, cette tête est née d’un travail d’abord mené sur l’argile avant le passage à la pierre.
Façonner les cheveux s’est avéré l’étape la plus délicate ; la tresse, imaginée pour en simplifier la forme, a été le fruit d’une réflexion formatrice sur les limites et les possibilités de la matière.

Laureline Pop | Acrotère
marbre du Pentélique, 2025

Cet acrotère a été sculpté dans le cadre de la formation à la sculpture donnée par Katerina Mitsiali et au cours de laquelle, plusieurs techniques ont pu être explorées (modelage et taille) sur différents types de matériaux (argile, pierre tendre et marbre). Le travail sur le marbre du pentélique a été l’aboutissement de la formation. L’acrotère sculpté est une création libre inspirée de modèles antiques.

Priscilla Ralli | Παναγιώτης
marbre du Pentélique, mars-mai 2025

Réalisée lors d’une formation avec la sculptrice Katerina Mitsiali, cette sculpture a été précédée d’une étude en argile crue, permettant d’explorer formes et volumes avant la réalisation finale en marbre.
Le passage d’un matériau malléable à un matériau dur a imposé une évolution dans l’approche technique et l’organisation du travail, car l’argile se façonne par ajout, tandis que la pierre se sculpte par retrait. Les couleurs utilisées dans l’atefact en argile ont été remplacées, dans le marbre, par des lignes différemment gravées, traduisant les textures de la peau et des cheveux.
Le visage représenté est celui d’un homme crétois, portant des longues moustaches et le μαντήλι – foulard noir traditionnel. À travers ce portrait, on veut rendre hommage à la Grèce, non pas uniquement dans sa dimension classique ou byzantine, mais dans sa réalité vivante et contemporaine, où les arts et traditions populaires restent présents et profondément enracinés dans le quotidien.