Newsletter EFA numéro 25 | Printemps-Été 2026

NEWSLETTER PRINTEMPS-ÉTÉ 2026

ÉDITORIAL

Pour ses 180 ans qu’elle fête en 2026, l’EFA a mis à l’honneur plusieurs orientations importantes de son histoire, plaçant au premier plan ses archives et les liens que celles-ci permettent de tisser avec d’autres institutions. Réorganisées dans des locaux aménagés pour en permettre plus aisément la consultation, les archives de l’EFA se sont enrichies de plusieurs dons issus des fonds d’anciens membres et de chercheurs liés aux terrains grecs, chypriotes et balkaniques. Elles sont aussi de plus en plus souvent mises en relation, dans plusieurs institutions partenaires, avec d’autres fonds reliés aux mêmes personnes ou aux mêmes thématiques.
Les archives de l’École sont ainsi, plus que jamais, partie intégrante de ses travaux, qu’il s’agisse de mieux comprendre les développements de son histoire en relation avec la société grecque, d’éclairer la construction des méthodes, comme le montre le rôle de la photographie mis à l’honneur dans le cadre des célébrations nationales du Bicentenaire de la Photographie, ou encore de mettre en évidence les prolongements qui, jusqu’à aujourd’hui, guident les chercheurs sur leurs terrains d’enquêtes : prenant la suite des réalisations liées au fonds Gilliéron, l’exposition En-quête d’Orient témoigne ainsi, à travers les fonds photographiques, de la manière dont l’archéologie des premières décennies du XXe siècle s’est nourrie des expériences grecques pour avancer vers d’autres terrains orientaux.
Les fonds documentaires de l’École sont aussi des espaces de formation et contribuent à faire de l’EFA un tremplin vers des perspectives professionnelles. À travers ces divers projets, tant de recherche et de formation que de médiation, c’est le rôle de l’archéologie comme discipline en construction et en évolution qui apparaît en filigrane, façonnée par la réflexion collective qui s’est développée depuis 180 ans à l’EFA. Loin d’être le reflet de cloisonnements disciplinaires, cette réflexion sur la construction d’un champ méthodologique et épistémologique s’est accompagnée dès ses débuts de multiples ouvertures vers le contemporain, dans une démarche qui avait souvent autant à voir avec l’anthropologie ou l’ethnographie, aujourd’hui partie intégrante de nos programmes.
Les archives de l’archéologie sont aussi, à travers le rôle que joue aujourd’hui l’EFA dans plusieurs projets nationaux et européens, une forme de réponse aux enjeux de la protection du patrimoine culturel : trait d’union pour la recherche sur les terrains empêchés, partie prenante de la recherche de provenances, domaine de développement d’initiatives pour l’interopérabilité des données, point d’appui pour l’étude des risques qui pèsent sur les sites archéologiques, elles continuent aujourd’hui à dessiner un espace de recherche ambitieux et relié à de multiples partenariats. En définitive, à l’EFA comme ailleurs, elles représentent ce patrimoine de « data » dont sont riches nos institutions de sciences humaines et sociales mais qu’elles peinent souvent à valoriser dans toute l’ampleur qu’il mérite.
À Athènes, la reconnaissance de nos actions qui s’est manifestée lors de la visite d’État de la fin du mois d’avril, tant par le président de la République Emmanuel Macron que par la ministre de la Culture Catherine Pégard et précédemment par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace Philippe Baptiste, permet d’espérer que les sciences humaines et sociales telles qu’elles sont pensées et vécues à l’EFA pourront faire entendre leur voix pour les années à venir.

Véronique Chankowski
Directrice de l’École française d’Athènes

INFORMATIONS PRATIQUES

Appels à candidature… bientôt de nouvelles opportunités!

Retrouvez prochainement sur notre site internet et nos réseaux sociaux les appels à candidatures pour les résidences de recherche ainsi que notre nouveau dispositif de soutien à la mobilité doctorale.
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AGENDA

EXPOSITION
13/05-30/09/2026
Archipel de pierre Elsa Mazeau

Lieu : Jardins de l’École française d’Athènes, Didotou 6
Heures d’ouverture : Entrée libre, du lundi au samedi | 10h00 – 20h00

Cette exposition photographique est issue d’un dialogue étroit avec les carriers, les habitant·es et les archéologues.

MANIFESTATION
04-08/06/2026
Προβολές Στην Ιστορία της Ελληνικής Υπαίθρου IV

Lieu : École française d’Athènes, salle des conférences, Didotou 6

Retrouvez à l’EFA la 4e édition du festival du documentaire sur l’histoire de la campagne grecque.

MANIFESTATION
05-07/06/2026
Festival d’Histoire de l’Art

Lieu : Fontainebleau, France

Retrouvez l’EFA et le ResEFE à la 15e édition du Festival d’Histoire de l’Art de Fontainebleau.

PROGRAMMES & PROJETS

L’EFA, un tremplin pour les projets de recherche

Il est désormais admis parmi les membres scientifiques de l’EFA que les années passées à l’École doivent s’achever par le dépôt, et si possible par l’obtention, d’un projet européen. Le récent succès d’Agustín Cosovschi, membre de troisième année qui a obtenu un ERC Starting Grant à l’été 2025, et ceux de Priscilla Ralli (Marie-Curie Fellowship à l’Université de Chypre) et de Sylviane Déderix (SONATA BIS à l’Université de Varsovie) ont montré que cela était possible.
Le montage de projets de recherche ambitieux et compétitifs fait en effet partie de la formation que l’EFA propose à ses membres scientifiques en complément des formations aux humanités numériques, à la direction de fouilles ou à l’édition scientifique.
Les ateliers de montage de projet mis en place à partir de janvier 2021 constituent le principal outil d’accompagnement à l’écriture de projets de recherche et à l’entraînement aux oraux de sélection le cas échéant. Destinés tant aux membres scientifiques qu’aux chercheurs qui souhaitent faire héberger leur projet au sein de l’Ecole, ils prennent la forme de réunions en petit groupe auxquelles participent, selon l’état d’avancement du projet, la directrice, les directeurs des études, le responsable administratif, des membres scientifiques ou encore des chercheurs dont l’expertise sur le sujet est reconnue. Ces ateliers de travail alternent avec des séances d’information tenues par les points de contact nationaux (PCN) ou par des chercheurs ayant récemment obtenu ou achevé un projet européen. Une vingtaine de projets déposés ont bénéficié de cet accompagnement depuis 2021, dont sept ont reçu un financement de la part de l’ERC, de l’ANR ou d’autres agences nationales.
Le soutien apporté par l’EFA au montage de projets ne se limite cependant pas aux ateliers. Les séminaires des deux sections, le séminaire « Regards croisés » animé par les membres scientifiques et les journées d’études qu’ils organisent sont aussi des occasions d’établir un état des lieux sur une question de recherche, de tester des idées ou encore de constituer une équipe de recherche. La présence, dans les deux sections de la direction des études, de jeunes chercheurs d’horizons disciplinaires variés, constitue un environnement propice aux échanges et à la confrontation des points de vue. Par son implantation à Athènes et par son réseau de partenaires en Grèce, dans les Balkans et en Méditerranée orientale, l’EFA offre ainsi à ses équipes des occasions d’échanges scientifiques d’une très grande richesse, qui contribuent à la maturation des projets.

©British School at Athens

Programme Les Femmes dans l’archéologie de la Grèce

Le programme sur Les femmes dans l’archéologie de la Grèce a franchi une étape importante cette année : les trois premières journées d’études (2023-2023) ont donné lieu à une publication parue début mars, Pencil and Dust. Women who shaped archaeology in Greece and the Greek world, éditée par Sylviane Déderix et Maguelone Bastide, aux Éditions de l’EFA. On y trouve un dossier sur les pionnières méconnues de l’archéologie de la Grèce, un autre sur le rôle des institutions dans la carrière des femmes archéologues et un dernier sur les femmes de l’ombre, compagnes ou épouses d’archéologue et néanmoins significatives contributrices à leur travail. Le tout prend la forme de courts articles richement illustrés. L’ouvrage a été présenté lors de l’inauguration de la 4e journée organisée dans le cadre de ce programme, les 9 et 10 mars derniers. Les organisatrices, Priscilla Ralli, Rachel Phillips et Rebecca Sweetman avaient choisi d’explorer la diversité des rôles joués par les femmes archéologues en temps de guerre. Comme les deux années précédentes, l’édition 2026 a été organisée en partenariat avec une institution de l’archéologie en Grèce : après l’Institut autrichien d’archéologie (ÖAW-Athens) puis l’Institut polonais (PAIA), c’est l’École britannique (BSA) qui a repris le flambeau, en accueillant dans ses locaux la journée d’étude. La douzaine de communications a permis d’examiner la participation des femmes archéologues, ou actives dans le milieu de l’archéologie, aux conflits qui ont impliqué la Grèce dans les premières décennies du XXe siècle, tout en mettant en lumière les transformations de leur vie quotidienne en temps de guerre. L’atelier a également analysé leurs rôles à travers les archives, en soulignant leurs impacts et en adoptant une approche intersectionnelle intégrant le genre, la race, la classe et les contextes structurels. Comme les années précédentes, le public était au rendez-vous, dans la salle et en ligne, prouvant s’il en était besoin qu’il y a une appétence pour les travaux sur le sujet.
Le programme sur Les femmes dans l’archéologie de la Grèce continue donc de promouvoir l’étude de la place des femmes dans l’archéologie de la Grèce et du monde grec à travers des recherches d’archives inédites qui mettent en lumière les multiples aspects de leur contribution à la construction de cette discipline. L’édition 2027 est en cours de préparation et les organisatrices sont ouvertes aux propositions pour la suite.

La Revue archéologique, ou quand l’archéologie monte sur scène

À l’occasion de la prochaine parution commentée, dans la collection Sources et documents, de La Revue archéologique, pièce aussi inattendue que savoureuse et précieux témoignage de la vie à l’EFA à la Belle Époque, nous avons demandé à l’un de ses éditeurs, Jean-Charles Moretti, de nous en dire un peu plus :

« Les membres de l’EFA au début du XXe s. ne formaient pas seulement une petite société savante, qui logeait et travaillait à l’angle de la rue Didot et de la rue Sina et qui, à la belle saison, se dispersait pour des voyages d’étude et pour mener des fouilles, à Délos et à Delphes principalement. En hiver, ces jeunes hommes avaient à Athènes une intense vie mondaine faite de bals, de concerts et de représentations théâtrales. Aussi se trouvèrent-ils fort désappointés lorsque, le 29 janvier 1906, le décès de Christian IX, roi du Danemark et père du roi de Grèce Georges Ier, plongea la Grèce dans le deuil. « Auparavant, il était de règle de sortir chaque soir ; maintenant, c’est l’exception » écrivait le 4 février 1906 Fernand Mayence, membre belge de l’EFA. À défaut pouvoir se divertir au dehors, les membres décidèrent de le faire chez eux en écrivant une pièce en partie parlée, en partie chantée sur des airs connus, destinée à être montée au sein même de l’École. La forme retenue fut celui de la revue, un genre alors en vogue à Paris. Le sujet retenu fut l’archéologie, ce qui permettait d’appeler la pièce Revue archéologique, du nom du célèbre périodique fondé en 1844. Le personnage principal en est une allégorie de l’Archéologie qui avec Faust, qui incarne le savant désenchanté, intervient dans ses trois actes. Le premier se déroule dans l’Athènes du Ve s. av. J.-C. et met en scène Périclès, Aspasie, Ictinos et l’abbé Barthélémy accompagné du jeune Anacharsis. Le deuxième, situé dans l’Athènes contemporaine, évoque sa vie mondaine et cosmopolite et prend le tourisme comme prétexte pour critiquer les dérives de l’érudition. Le dernier acte relève de la science-fiction. Il se passe à Tokyo, au XLe s., à la veille du 127e Congrès international d’archéologie. Le monde occidental en ruine est devenu l’objet d’étude d’archéologues venus du Groënland, du Mali et de Madagascar dont la première Secrétaire de l’Institut affirme que « La femme est l’égale de l’homme, ou plutôt la supérieure ». La pièce se clôt sur un coup de téléphone du Directeur Général des Antiquités martiennes qui invite les présents au premier Congrès interplanétaire d’archéologie « Nous n’avons que juste le temps de faire le voyage ! » conclut le Japonais.
La pièce, truffée de jeux de mots, d’anachronismes et de citations détournées est à la fois un témoignage sur la vie à l’EFA à la Belle Époque et une réflexion qui n’a rien perdu de sa pertinence sur l’archéologie, son passé et son avenir, ses méthodes et ses acteurs. Elle ne fut jouée qu’une fois par ses auteurs, membres de l’EFA, L. Bizard, M. Bulard, F. Courby, W. Deonna, A. Jardé, F. Mayence, E. Schulhof, qui complétèrent leur troupe avec les fils du directeur (G. et J. Holleaux), L. Curtius de l’Institut allemand et trois femmes : L. Convert, M.L. Arnod de l’École américaine et Y. d’Ormesson, fille de l’ambassadeur de France à Athènes. C’est elle qui, habillée en korè de l’Acropole, tint le rôle de l’Archéologie.
Découverte dans les archives de F. Mayence conservées au Musée de Louvain la Neuve, la pièce commentée va paraître dans la collection Sources et documents. Son édition a été préparée par Cl. Gutron, A. Van de Ven et moi-même qui espérons qu’elle sera à nouveau montée et imitée. »

BIBLIOTHÈQUE

Les travaux de l’été

Une intervention est prévue à la fin du mois de juillet (du 27 au 31) afin d’équiper la salle A de dispositifs de chauffage et de climatisation, qui permettront d’améliorer considérablement le confort des lecteurs et les conditions de conservation des collections. Un refoulement partiel des ouvrages sera conduit en amont, et pour des raisons de sécurité, les salles de lecture de la bibliothèque seront exceptionnellement fermées à tous les publics pendant l’intervention des prestataires.
Par ailleurs, un refoulement des collections de la salle B sera également conduit pendant le mois d’août afin de permettre l’intégration continue des nouveautés du fonds classique.

Les collections patrimoniales

Le service de la bibliothèque investit la question des collections patrimoniales en 2026 à travers plusieurs interventions.
Lors d’une première phase, un chantier de recotation de la réserve de la bibliothèque a été conduit de la fin février à la fin avril. Les rayonnages ont été desserrés, et chaque ouvrage a fait l’objet d’une inspection détaillée de son état matériel, conduisant parfois à l’orienter vers le service de restauration. Ils sont tous désormais classés par format et dotés d’une cote les associant sans équivoque à la réserve.
La recotation des ouvrages, outre qu’elle facilitera la gestion, la communication et la valorisation du fonds protégé, permet également d’envisager sereinement une extension de son périmètre. Cette question sera travaillée pendant l’été et devrait aboutir à la rédaction d’une charte à partir de laquelle une nouvelle sélection documentaire sera conduite. En parallèle, un refoulement des collections de l’annexe est programmé pour le mois d’août afin de préparer des espaces à l’intégration de nouveaux documents.
Enfin, la communication des ouvrages de la réserve est désormais assurée dans des conditions satisfaisantes pour préserver l’intégrité des collections. Elle se fait dans la salle de consultation des archives sous la supervision d’un archiviste ou d’un bibliothécaire.

ARCHIVES

L’EFA lauréate pour son projet Rendre compte

Parmi les fonds d’archives de l’EFA, de nombreux documents manuscrits restituent les résultats des missions et explorations françaises, en particulier dès la fondation de l’École aux années 1930, date à laquelle d’autres instituts seront créés dans les territoires de l’est du bassin méditerranéen.
Après Une archéologie de la transparence en 2023, l’EFA est à nouveau lauréate de l’appel du MESR 2025 Informatisation et la valorisation des collections scientifiques patrimoniales pour son projet  « Rendre compte » : Missions et explorations archéologiques de l’École française d’Athènes (1880-1930). Ce projet vise à décrire et numériser une série de plus de 80 dossiers relatifs aux premiers résultats pour la période considérée : lettres et rapports des archéologues au directeur de l’EFA, rapports du directeur au ministère de l’Instruction publique, à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, chaque document atteste à sa manière du rendre compte des travaux, en fonction de son destinataire et des intérêts recherchés.

ÉDITIONS

Cet été, les Éditions de l’École française d’Athènes seront au cœur de l’actualité scientifique internationale ! Fin août 2026, se tiendront deux grands congrès qui rythment la vie des sciences de l’Antiquité et du monde médiéval. Études byzantines et archéologie : cette double présence reflète toute l’étendue de notre catalogue et notre engagement résolu au sein des grands réseaux scientifiques européens.

Congrès international des études byzantines | Vienne, 24-29 août 2026

Après une première participation à Venise en 2022, marquée par la volonté de réaffirmer notre présence dans ce rendez-vous majeur, nous poursuivons aujourd’hui cet engagement avec de nouvelles réalisations éditoriales.
Des dossiers prennent également place dans le BCH.
En quatre ans, le chemin parcouru est remarquable : l’École est aujourd’hui en mesure de présenter et d’annoncer un ensemble de publications qui témoignent son ambition dans le champ des études byzantines et, plus largement, médiévales.
Au-delà de Byzance, ces travaux illustrent la volonté de l’EFA d’explorer des territoires éditoriaux élargis : l’Antiquité tardive, la présence franque en terre byzantine, et la transformation du monde byzantin au sein de la pax ottomanica entre le XIVe et le XVIe siècle.
Ce congrès sera avant tout un moment de rencontres ; avec des auteurs, des chercheurs, des lecteurs. Nous serons heureux d’y échanger autour de nos publications et de nos projets.

Congrès de l’Association européenne des archéologues | Athènes, 26-29 août 2026

Et ce n’est pas tout ! Du 26 au 29 août, Athènes accueille également le congrès de l’European Association of Archaeologists – et difficile, pour les Éditions de l’École française d’Athènes, de manquer un tel rendez-vous… dans notre propre ville !
L’EAA, c’est l’un des grands rassemblements internationaux de l’archéologie : des milliers de chercheurs et de professionnels venus de toute l’Europe et au-delà, des thématiques qui couvrent l’ensemble des champs de la discipline, une effervescence intellectuelle dont il fait bon s’imprégner.
Les Éditions de l’EFA y coordonneront la participation des maisons d’édition du réseau des Écoles françaises à l’étranger (ResEFE), dans une démarche collective qui affirme l’importance du travail en réseau pour la visibilité scientifique.
Comme à Rome il y a deux ans, ce congrès sera l’occasion de multiplier les rencontres et les échanges. Venez découvrir notre équipe, explorer nos dernières parutions, et celles des éditions du ResEFE !

Deux villes, deux congrès, une même conviction : être non seulement un acteur éditorial, mais un partenaire actif de la communauté scientifique internationale. Venez nous retrouver à Vienne et à Athènes!

Pendant l’été, réécoutez nos podcasts

Les podcasts Rendez-vous rue Didotou sont une invitation à explorer les mondes helléniques et méditerranéens, des origines à nos jours. À travers les voix de ses auteurs et de ses chercheurs, l’École française d’Athènes vous transporte au cœur des découvertes archéologiques, des récits historiques et des grandes réflexions qui façonnent notre compréhension du passé et du présent.
Un rendez-vous sonore pour nourrir notre curiosité, élargir nos perspectives et découvrir les mondes méditerranéens d’hier à aujourd’hui.

JEUNES CHERCHEURS & PROFESSIONNELS

NÉPHÉLIE

Néphélie Skarlatos est doctorante en anthropologie des religions à l’EPHE et bénéficie depuis 2024 d’un contrat doctoral de l’École française d’Athènes. Sa thèse porte sur la réappropriation contemporaine du polythéisme antique en Grèce et en Italie, à travers une étude comparative des dynamiques rituelles, sociales et politiques de groupes à Athènes et à Rome.
Elle revient ici sur l’organisation de la journée d’étude Contemporary Polytheisms in Europe :
« Le 20 mars 2026, j’ai eu l’opportunité d’organiser une journée d’étude à l’École française d’Athènes, en collaboration avec le Swedish Institute at Athens : une expérience aussi stimulante que formatrice dans mon parcours doctoral.
En amont, il m’a fallu réfléchir au thème : trouver un sujet présentant un intérêt scientifique partagé, tout en me permettant d’avancer dans mes propres recherches. J’ai finalement choisi celui de la comparaison dans les études sur les polythéismes contemporains. Cette question me concerne directement, puisque je mène moi-même une enquête comparative et suis régulièrement confrontée à des difficultés méthodologiques liées au fait que ces mouvements sont le plus souvent étudiés de manière locale et indépendante.
À partir de là, tout un travail s’est mis en place : définir un format pertinent, construire un programme cohérent, contacter les intervenants, coordonner les aspects pratiques. Travailler entre deux institutions a constitué une véritable richesse, mais a également nécessité une attention particulière à la circulation de l’information et à l’articulation des rôles. J’ai eu la chance d’être accompagnée par Gilles de Rapper (EFA) et Jenny Wallensten (SIA), dont l’expérience et les conseils m’ont été précieux. J’ai également particulièrement apprécié la complémentarité entre les équipes de l’École française d’Athènes et du Swedish Institute at Athens, dont la disponibilité et le soutien ont été essentiels à chaque étape.
Le jour même, voir les échanges prendre forme a été un moment très fort. Les discussions ont rapidement dépassé le cadre des communications pour ouvrir de véritables dialogues, notamment autour des questions de méthode et de comparaison. La diversité des terrains et des approches a nourri des échanges riches et a souligné l’intérêt de créer ce type d’espace de rencontre à l’échelle européenne, notamment autour de la question du vocabulaire. Certains débats ont également mis en évidence l’intérêt de confronter différentes méthodologies pour enrichir notre champ d’étude.
Cette expérience m’a appris à trouver ma place en tant que doctorante dans l’organisation scientifique, entre coordination, médiation et participation aux discussions. Elle m’a également permis de mieux comprendre les enjeux collectifs de la recherche, au-delà du travail individuel de thèse, ainsi que les différentes étapes concrètes de l’organisation d’un événement, de sa conception à sa réalisation.
Enfin, cette journée a ouvert des perspectives concrètes, notamment avec un projet de publication collective en cours. Elle confirme combien ces moments de rencontre sont précieux pour faire émerger de nouvelles questions et prolonger les échanges dans la durée. »

ETHAN

Diplômé d’un master en archéologie à l’Université catholique de Louvain, Ethan Dewulf effectue actuellement une année de stage post-diplôme en Grèce, parallèlement à l’élaboration d’un projet de thèse. Dans ce cadre, il a intégré l’École française d’Athènes pour une durée de neuf semaines, du 5 janvier au 6 mars 2026.
|« À l’issue de mon master, j’ai souhaité enrichir le bagage théorique et méthodologique acquis au cours de mes études par une ou plusieurs expériences de stage en Grèce. C’est dans cette perspective que j’ai intégré l’École française d’Athènes, au sein de la Chronique des fouilles en ligne, une plateforme en accès ouvert dédiée à la documentation des activités archéologiques en Grèce et à Chypre, développée conjointement par l’École française d’Athènes et la British School at Athens.
Dans ce contexte, j’ai participé au projet Chronika, qui vise l’édition numérique rétrospective des notices publiées dans la « Chronique des fouilles et découvertes en Grèce » du Bulletin de Correspondance Hellénique. Mon travail consistait plus précisément à éditer, structurer et mettre en ligne les notices comprises entre les volumes 101 (1977) et 105 (1981). Ces notices recensent les activités archéologiques annuelles – fouilles programmées ou fortuites, restaurations et études – à partir de sources variées telles que des rapports de fouilles, des coupures de presse ou des publications scientifiques. Cette mission s’inscrit dans une démarche d’humanités numériques et de science ouverte, impliquant le traitement rétrospectif des données, leur structuration au sein d’une base de données, ainsi que leur enrichissement par des outils numériques tels que la géolocalisation, les galeries d’images et les liens internes. L’objectif à terme du projet Chronika est de rendre accessible à la communauté scientifique une documentation de manière structurée et recherchable à travers un moteur de recherche multicritère.
Sur le plan personnel, ce stage m’a permis de développer des compétences concrètes en humanités numériques, ainsi qu’en gestion et en valorisation des données archéologiques, mais aussi d’élargir ma culture archéologique en m’informant sur de nombreux sites qui m’étaient jusqu’alors inconnus, d’appréhender une cartographie plus complète de l’archéologie de la Grèce et de prendre conscience de la diversité des institutions actives sur le territoire grec. J’en sors ainsi avec une meilleure maîtrise des outils de la recherche et des enjeux liés à la diffusion du savoir scientifique.
Enfin, en parallèle de ce stage, mon séjour en Grèce m’a permis de découvrir la vie scientifique des instituts de recherche à Athènes, d’échanger avec les chercheurs de l’EFA et d’explorer Athènes ainsi que les riches sites archéologiques de la région. »

YANN

Étudiant en première année de master Sciences historiques à l’Université de Rouen-Normandie, Yann Février séjourne à Athènes durant l’année universitaire 2025-2026 dans le cadre du programme Erasmus. Il a rejoint l’École française d’Athènes début mars pour un stage d’un mois à la Chronique des fouilles, dont il livre ici le témoignage :
« Dans le cadre du projet Chronika, conduit par l’École française d’Athènes et la British School at Athens depuis 2009, j’ai travaillé sous la direction de Catherine Bouras à l’édition et à la mise en ligne des notices issues de la « Chronique des fouilles et découvertes en Grèce » pour les volumes 100 (1976) et 97 (1973) du Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH), sur le site de la Chronique en ligne. Ces notices rendent compte de l’activité archéologique et patrimoniale à travers toute la Grèce. Les données qu’elles contiennent proviennent de sources variées, allant des coupures de presse aux rapports de fouilles, en passant par des ouvrages ou des travaux de recherche. Le projet Chronika vise ainsi à améliorer l’accessibilité en ligne de ces données au sein d’une plateforme dédiée.
Sur un plan plus personnel, ce stage a été pour moi l’occasion d’élargir mon horizon, tant du point de vue historique que professionnel. J’ai découvert de nombreux sites archéologiques, me suis familiarisé avec des outils qui me seront très utiles et ai pu expérimenter concrètement l’édition de données scientifiques, autant d’éléments qui m’ont permis d’envisager de nouvelles perspectives. »

JIULIA

Étudiante en deuxième année de master Sciences historiques à l’Université de Rouen-Normandie, Jiulia Planchais a effectué, durant l’année universitaire 2025-26, un séjour d’études à Athènes dans le cadre du programme ERASMUS+. Elle a réalisé à cette occasion un stage d’un mois au sein de la Chronique des fouilles de l’École française d’Athènes. Elle revient ici sur cette expérience :
« La mission qui nous a été confiée, avec mon binôme Yann Février, consistait à contribuer à l’avancement du projet Chronika, qui vise à intégrer le contenu du Bulletin de Correspondance Hellénique (BCH) dans une base de données en ligne, afin d’offrir une vue d’ensemble des activités archéologiques en Grèce depuis les années 1920.
J’ai ainsi participé à l’édition des volumes 98 et 99, consacrés respectivement aux fouilles des années 1973 et 1974. Nous avons procédé au découpage des volumes en notices, que nous avons ensuite éditées afin de rendre le contenu du BCH plus accessible aux chercheurs. À partir du site de la Chronique des fouilles en ligne, nous devions vérifier le texte issu de la reconnaissance optique de caractères (ROC), en veillant à la conformité avec les normes typographiques du BCH, en corrigeant les erreurs de transcription et en associant chaque notice à des toponymes et des mots-clés normalisés, facilitant ainsi leur indexation et leur consultation dans la base de données.
Ce stage a constitué une excellente expérience pour découvrir la diversité des métiers de l’édition scientifique et de la valorisation des données en archéologie. Il a également représenté une véritable stimulation intellectuelle, me permettant d’approfondir mes connaissances sur de nombreux sites archéologiques grecs. »

IANNIS

Élève de l’école des chartes, Iannis Baillagou a intégré l’EFA le 16 février 2026 pour un stage d’une durée de deux mois et demi et a participé à la recotation des ouvrages de la réserve précieuse de la bibliothèque.
« L’objectif de ce stage était de mettre en place un nouveau système de cotes et de réorganiser le rangement des ouvrages de la réserve précieuse. Principalement constituée de volumes envoyés au XIXe siècle par le ministère de l’Instruction publique, la réserve de la bibliothèque de l’École française d’Athènes abrite une collection d’environ 35 mètres linéaires, dont les documents les plus anciens datent du XVIe siècle. En raison de la superposition de plusieurs systèmes de cotation différents au sein de la réserve, la localisation des documents était difficile. J’ai donc été chargé de reporter une nouvelle cote sur chaque document. Il a aussi fallu trier les ouvrages selon leur format pour maximiser l’espace disponible et organiser un nouveau rangement des collections dans les meubles de la réserve. L’objectif de cette recotation était en effet de préparer un futur accroissement de la réserve dans la salle aujourd’hui occupée par le lecteur de microfiches. Il m’a également été demandé d’identifier les principales détériorations sur les ouvrages anciens en vue de faciliter les prochaines opérations de restauration.
Le stage que j’ai effectué à l’EFA s’est donc avéré très enrichissant pour mon expérience professionnelle puisque j’ai été associé aux diverses étapes de ce travail de recotation depuis l’établissement d’un plan de rangement des livres jusqu’au remaniement des étagères dans la salle de la réserve. Il m’a permis de me confronter aux enjeux de la conservation des livres anciens dans une réserve patrimoniale en adaptant le rangement des collections à leur état matériel.
Enfin, j’ai également beaucoup apprécié le cadre de travail agréable que constitue l’EFA tout au long de ce stage. »

SARAH

Archiviste paléographe et titulaire d’un master d’histoire, Sarah Jambu a rejoint début mars 2026 le service des archives de l’EFA  pour un stage de deux mois et partage ici son expérience avec nous :
« Dans le cadre de mon stage, je travaille à l’élaboration d’un guide des sources sur les fouilles de Délos qui s’intègre dans le programme La fabrique de l’archéologie délienne et ses archives (FADA). Ce projet vise à fournir un outil de recherche dédié aux fouilles de Délos, à destination des archéologues.
Ma mission a débuté par un recensement des sources existantes sur les fouilles de Délos en dehors de l’École française d’Athènes, en interrogeant les plateformes archivistiques et patrimoniales disponibles en ligne. Cette démarche a permis de compléter le travail déjà mené par les équipes du programme FADA, notamment sur les collections de l’EFA. L’inventaire des objets et des moulages liés à Délos ayant déjà fait l’objet d’une autre mission, je me suis concentrée sur les archives manuscrites et iconographiques. Cette première étape a permis de mettre en évidence plusieurs fonds d’archives pertinents pour un guide des sources sur Délos, parmi lesquels le fonds Émile Burnouf, conservé à l’Université de Lorraine, ou encore le fonds Pierre Amandry, à la bibliothèque de l’Institut de France. Ce travail initial a constitué une base pour l’harmonisation des données et la mise en place d’une méthodologie en vue de la création de notices Archimage.
Durant ce stage, j’ai également eu l’opportunité d’assister, le temps d’une journée, au montage de l’exposition « En quête d’Orient », une expérience aussi enrichissante qu’intéressante. »

PORTRAITS

Arrivées

Maxence Barbier

Chargé de collection et de valorisation des documents graphiques

Maxence a rejoint le service des archives de l’EFA en février en tant que chargé de collection et de valorisation des documents graphiques. Après un double cursus en Master Histoire et archéologie des mondes anciens et en Master Métiers des archives et technologies appliquées, il a successivement occupé des postes d’archiviste et d’archéologue pour des établissements publics et des opérateurs en archéologie préventive. 

Maria Vlataki

Entretien de la maison de fouilles de Malia


Maria Vlataki a rejoint l’EFA le 15 mai et prend en charge l’entretien de la maison de fouilles de Malia. Elle succède à Eléni Kyvernitaki qui prend sa retraite.

Départs

Elpida Chairi

Elpida a rejoint l’EFA en 1986. Au fil de son parcours au sein de l’institution, elle a œuvré durant de nombreuses années à la planothèque. Aujourd’hui à la retraite, elle profite de cette nouvelle étape de vie pour continuer ses projets personnels. Nous lui adressons tous nos vœux pour l’avenir !

Calliopi Christophi

Calliopi a rejoint l’EFA en 1984. Après avoir occupé plusieurs postes, dont celui de responsable des archives, elle a été nommée responsable de la photothèque-planothèque et de la collection archéologique de l’École. Aujourd’hui retraitée, elle poursuit avec enthousiasme ses projets de recherche. Nous lui adressons tous nos vœux pour cette nouvelle étape de vie !

Eléni Kyvernitaki

Après avoir été en charge de l’entretien de la maison de fouilles de Malia depuis 1997, Eléni Kyvernitaki prend une retraite bien méritée. Nous lui souhaitons le meilleur pour l’avenir !

Irène Zaïtsev

Après plus de deux ans passés au sein de l’EFA au titre de project manager du programme ANCHISE (Horizon Europe), Irène a rejoint son nouveau poste de chargée d’appui aux projets de recherche à l’EFEO.

Mobilité : retour sur une résidence à l’EFA

Frédérique Duyrat (Oxford, Ashmolean Museum) a rejoint l’EFA de septembre à décembre 2025 pour une résidence autour d’un projet intitulé L’or d’Alexandre le Grand (332-280 av. J.-C.). Elle revient ici sur son expérience :
« Mon séjour de trois mois comme chercheuse invitée à l’École française d’Athènes a constitué une étape décisive dans l’avancement de mes recherches consacrées au monnayage d’or émis au nom d’Alexandre le Grand. Cette résidence m’a offert des conditions de travail exceptionnelles et un environnement scientifique particulièrement stimulant.
Mon projet vise à achever un corpus d’environ 10 000 monnaies d’or frappées entre 332 et 281 av. J.-C., couvrant la période de la conquête de l’Empire perse par Alexandre et les guerres de ses successeurs. Cette résidence m’a permis de progresser de manière substantielle dans ce travail, notamment grâce à l’accès à des collections majeures en Grèce. Avec le soutien de l’École, j’ai pu étudier des ensembles conservés au Musée numismatique d’Athènes et au Musée archéologique de Thessalonique, dont certains matériels inédits, souvent issus de trésors monétaires. Ces recherches ont apporté des données précieuses pour l’étude des techniques de fabrication, des étalons pondéraux et de la circulation de l’or dans le monde hellénistique.
Parallèlement, l’accès quotidien à la bibliothèque de l’EFA m’a permis d’avancer dans la rédaction d’une monographie sur ce monnayage. Plusieurs chapitres sont désormais largement rédigés, notamment ceux consacrés aux sources de métal, à l’iconographie monétaire et au contexte historique des émissions d’or d’Alexandre.
La résidence a également été l’occasion d’un important travail de terrain : grâce à un financement de l’EFA et de Wolfson College (Oxford), j’ai visité de nombreux sites archéologiques et musées en Macédoine et en Thrace. Cette prospection m’a permis de constituer une importante archive photographique documentant paysages, sites antiques et objets liés à la période d’Alexandre.
Enfin, l’environnement intellectuel de l’École a favorisé de nombreuses interactions scientifiques. J’ai présenté mes recherches lors de plusieurs conférences et séminaires en Grèce. Le séjour a également permis d’initier de nouvelles collaborations avec des chercheurs et institutions grecques, qui nourriront mes projets de recherche futurs.
Au-delà de l’avancement scientifique, cette résidence a illustré l’importance du rôle de l’EFA dans l’accueil des chercheurs et dans le développement de réseaux internationaux de recherche. »

COOPÉRATIONS EUROPÉENNES & INTERNATIONALES

Le portail HAL du RESEFE

Les Écoles françaises à l’étranger disposent désormais d’un portail commun HAL.
Avec 2 236 fichiers en texte intégral déposés, le cumul des cinq collections propose une masse critique intéressante qui met en lumière la richesse et la variété des approches scientifiques portées par les Écoles.
D’un point de vue professionnel, le portail permettra une gestion beaucoup plus aisée des collections par les agents des différentes écoles qui en sont tous administrateurs. Une collaboration étroite avec l’ingénieur développeur chargé de l’accompagnement des projets numériques pour le réseau des EFE est déjà en place, et permettra des échanges de bonnes pratiques renforçant la cohérence de cet ensemble.

ANCHISE, trois ans après : des résultats concrets et de nouvelles ambitions pour l’EFA

Le projet ANCHISE (Horizon Europe, 2023-2026), coordonné par l’École française d’Athènes, s’est achevé le 31 janvier 2026 après trois années de recherche et de développement consacrées à la lutte contre le trafic illicite de biens culturels. Réunissant 15 partenaires de 7 pays européens, dans la continuité du précédent projet H2020 NETCHER, le projet a produit une boîte à outils technologiques (reconnaissance d’objets, monitoring de sites archéologiques par photogrammétrie 3D, authentification par fluorescence spectrale), un corpus de recherches en sciences humaines et sociales sur les réseaux de trafic, ainsi qu’un réseau professionnel inédit reliant forces de l’ordre, musées, archéologues et chercheurs.
Le Forum final, qui s’est tenu à Athènes du 14 au 16 janvier 2026 sous le titre Protecting Heritage Together a rassemblé plus d’une centaine de participants en présentiel, issus de 19 pays, et environ 200 participants en ligne. En trois journées denses, introduites par une allocution vidéo du ministre de l’Enseignement supérieur,de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste, les échanges ont porté sur la présentation des six outils développés et les retours de leurs utilisateurs, la question centrale des données patrimoniales et de leur interopérabilité, et enfin les recommandations politiques du projet pour une meilleure intégration de cette question cruciale de la protection du patrimoine culturel dans le paysage européen de la recherche. ANCHISE, l’un des rares projets Horizon Europe à être piloté par les SHS, a ainsi permis d’affirmer la plus-value d’une expertise interdisciplinaire fondée sur le terrain, et a donné à l’EFA une connexion renforcée avec les infrastructures européennes. Cette dynamique ne s’arrête pas avec la fin du projet. Forte de l’expérience acquise et du réseau exceptionnel constitué au fil de ces trois années, l’EFA travaille désormais avec ses partenaires européens à la pérennisation des outils développés dans le cadre du Cluster 2 d’Horizon Europe ainsi qu’à la consolidation de cette communauté de praticiens, chercheurs et institutions. L’ambition européenne est claire : préparer la constitution d’un Centre européen de compétences interdisciplinaire pour la protection du patrimoine culturel, structure pérenne à même de prolonger et d’amplifier les avancées d’ANCHISE et d’autres projets au service de l’ensemble de la communauté européenne.

Cap sur les réussites internationales de nos anciens membres

Sylviane Déderix, ancienne membre belge de l’EFA, a obtenu une bourse de recherche SONATA BIS du National Science Centre (NCN) pour son projet intitulé « Networks of the Dead. Mortuary Practices, Social Interactions, and the Making of Collective Identities in Early and Middle Bronze Age Crete ». Accueilli au sein de la Faculté d’Archéologie de l’Université de Varsovie pour une durée de quatre ans, ce projet sera mené par une équipe composée de la P.I., de deux doctorant·e·s, d’un·e post-doctorant·e, et de trois collaborateur·trice·s externes. Il vise à modéliser l’évolution des réseaux d’interactions sociales entre les communautés funéraires crétoises durant les époques prépalatiale et protopalatiale (3100-1700 av. J.-C.), dans le but d’appréhender l’émergence des sociétés palatiales sous l’angle des communautés locales implantées dans le territoire, plutôt qu’en se concentrant sur les seuls bâtiments palatiaux.

Priscilla Ralli, ancienne membre de l’EFA, est lauréate d’une bourse Marie Curie (HORIZON TMA MSCA Postdoctoral Fellowships – European Fellowships). Elle mènera son projet « REFUGE – Religious Enclosures in Fortified Urban and Rural Geographies of the Eastern Mediterranean » à l’Université de Chypre, avec un séjour de détachement au sein de l’UMR 8167 « Orient et Méditerranée ». Ce projet, d’une durée de deux ans, propose une analyse innovante des églises fortifiées de l’Antiquité tardive comme refuges et espaces communautaires, dans une perspective diachronique du développement de l’architecture médiévale. La basilique de l’acropole d’Amathonte, déjà fouillée par l’EFA, constitue le principal cas d’étude : son analyse et celle de son environnement permettront d’éclairer le fonctionnement d’une communauté chrétienne spécifique, ainsi que de conduire une comparaison à l’échelle de la Méditerranée et du Levant, afin de réévaluer les stratégies de défense religieuse dans le monde byzantin.

VALORISATION & MEDIATION

La Quête de l’Orient à la Bibliothèque nationale de Grèce

Du 19 février au 25 avril, la Bibliothèque nationale de Grèce a accueilli l’exposition En-Quête d’Orient. Destins croisés d’archéologues, organisée par l’École française d’Athènes et l’Université de Strasbourg. À travers ce parcours, l’exposition retrace l’histoire de l’activité archéologique française en Orient, tout en célébrant le 180e anniversaire de l’École française d’Athènes, qui étudie depuis sa fondation en 1846 les mondes helléniques dans toute leur extension.
Après Strasbourg puis Rhodes, cette nouvelle étape athénienne s’est enrichie d’une documentation exceptionnelle issue des archives de l’École française d’Athènes. Carnets de voyage, cartes, correspondances et témoignages des premières explorations de la Méditerranée orientale, menées dès la seconde moitié du XIXe siècle, dialoguaient avec des objets liés aux pratiques du terrain : appareils photographiques, instruments topographiques et outils de travail donnaient à voir, au plus près, le quotidien des archéologues, entre fouilles, enquêtes et observations. En-Quête d’Orient a ainsi redonné vie au parcours de chercheurs pionniers et restituait la profondeur d’une aventure scientifique fondatrice. Elle a offert au public l’occasion rare de redécouvrir un patrimoine encore méconnu et d’en mesurer l’héritage durable.
À Athènes, l’exposition a trouvé un écrin remarquable à la Bibliothèque nationale de Grèce. Grâce à la collaboration étroite avec ses équipes, les œuvres et documents présentés ont bénéficié d’une visibilité exceptionnelle, attirant plus de 30 000 visiteurs. Cette fréquentation a permis de porter les activités de l’École au-delà de ses murs et d’aller à la rencontre d’un public élargi, curieux de découvrir cette histoire scientifique et humaine.
La réalisation de ce projet a reposé sur la mobilisation conjointe de nombreux services de l’École. De la photographie aux archives, de la communication à la bibliothèque, en passant par le service topographique et la restauration, c’est tout un collectif qui s’est investi avec enthousiasme et constance pour donner forme à une exposition saluée par son exigence scientifique autant que par sa qualité de présentation.
L’exposition s’est prolongée par un riche programme de conférences, une table ronde et de nombreuses visites guidées, qui ont permis d’approfondir les thématiques abordées et de prolonger les échanges avec le public.
Le point d’orgue de cette belle aventure fut enfin la visite du président de la République, Emmanuel Macron, accompagné notamment de son épouse, du Premier ministre grec, du président-directeur du musée du Louvre et d’une délégation ministérielle. Tous ont salué la richesse de ces documents rares et fascinants, qui éclairent d’un jour nouveau les trajectoires de ces savants pionniers et rappellent la force d’un héritage scientifique toujours vivant.

Retrouvez plus bas, dans la rubrique Retour en images,
des clichés de la visite des personnels de l’EFA et de la visite présidentielle.

RETOURS EN IMAGES

Un début d’année marqué par la convivialité

La directrice et les personnels de l’École se sont réunis le 19 janvier pour inaugurer et visiter les nouveaux locaux des archives. Cette rencontre a aussi été l’occasion de rendre hommage à la carrière de Calliopi Christophi qui, après de longues années à la photothèque, a pris sa retraite fin 2025.

Le lendemain, mardi 20 janvier, tous se sont à nouveau retrouvés pour couper la traditionnelle pita.

Le 5 mars, les personnels de l’École française d’Athènes se sont retrouvés pour une sortie autour de l’exposition En-quête d’Orient. La visite, guidée par deux des commissaires de l’exposition, Marie Stahl et Maria Noussis, a permis de découvrir les coulisses du projet et d’échanger autrement autour des objets, des archives et des récits présentés.
La journée s’est poursuivie dans une taverne en bord de mer, au Pirée, autour d’un déjeuner partagé dans une ambiance chaleureuse et détendue. Un beau moment de convivialité entre collègues, hors des bureaux et des chantiers, pour prendre le temps d’être ensemble autrement.


Visite présidentielle à Athènes : l’EFA au cœur du dialogue franco-grec

L’EFA se réjouit du succès de la visite présidentielle qui s’est tenue les vendredi 24 et samedi 25 avril, et du rôle qu’elle a pu y trouver dans le programme.
À l’issue du Forum économique organisé au Centre culturel de la Fondation Stavros Niarchos, le président de la République Emmanuel Macron, Brigitte Macron, le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis ainsi que la ministre de la Culture Catherine Pégard ont découvert l’exposition En-quête d’Orient, présentée par l’EFA à la Bibliothèque nationale de Grèce. Guidée par la directrice de l’École, cette visite a permis de mettre en lumière l’engagement de l’institution dans la construction de partenariats scientifiques et culturels en Méditerranée orientale. Elle s’est achevée par un entretien avec plusieurs interlocuteurs qui représentaient des institutions partenaires de l’EFA en Grèce.

Le matin de ce même jour, une séquence à l’Ambassade avec les directeurs des principaux musées athéniens, puis à l’EFA avec les directions du Ministère grec de la culture, ont permis à la Ministre de la Culture Catherine Pégard et au nouveau Président du Louvre Christophe Leribault de mieux connaître le contexte et les activités de l’École, en particulier dans le domaine du patrimoine.